Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /2009 18:01

À 36 ans, au crépuscule de ma vie abrégée par le sida, je m'adresse à vous tous et particulièrement aux jeunes. Humainement, ma vie est brisée et gâchée par ma volonté, longtemps affirmée comme un défi à la face de Dieu et de la société, de vivre affranchi de toute contrainte morale. J'ai cherché à toujours satisfaire ma soif de jouissance, sans me préoccuper de l'offense faite à l'Amour de Jésus-Christ pour moi, ni des blessures infligées à d'autres dont j'ai pu utiliser l'amitié et la tendresse à des fins purement égoïstes. De tout cela, je suis seul responsable. Moi, sidéen, atteint par ma propre faute, je peux être tenté de me révolter comme un des larrons du calvaire, en rendant l'humanité entière responsable de mon sort. Mais, comme le bon larron, je ne veux pas gaspiller ma mort. Je puise dans la miséricorde infinie de Dieu et dans la grâce de ma conversion la force de vivre dans l'Espérance. Dieu me consolera de toutes peines dans la Béatitude céleste. Je reste pécheur, comme vous tous, de sorte qu'en me glorifiant plus volontiers de mes faiblesses, comme dit Saint Paul, la puissance du Christ habite plus facilement en moi. Pourtant je souffre de voir où sont conduits tant de mes jeunes frères. La pente naturelle de notre société nie la vraie nature de l'homme, empêchant chacun de tirer le meilleur et le plus juste profit de lui-même et des autres. J'ai mal de voir la jeunesse gavée d'illusions, flattée et trompée par des adultes égarés ou pervertis, se perdre en s'éloignant de la lumière de la vérité. Combien de jeunes seront ainsi empêchés de connaître les joies et le bonheur d'un véritable amour et risqueront une mort affreuse dans la solitude et le désespoir. Non, le préservatif ne donne aucune certitude d'échapper à cet anéantissement de l'être. Combien de jeunes, incités au vagabondage sexuel par les mensonges d'une publicité criminelle, en font l'amère expérience ! Je pense ici à celui ou celle que l'on engage à prendre un risque mortel sans l'avertir de la fiabilité relative du préservatif. Ceux-là ont le droit absolu que cette proposition leur soit présentée en parfaite honnêteté. De toutes les façons, nous ne pourrons encore faire très longtemps l'économie d'une véritable réflexion. Pour le moment, toi qui as l'avenir qui s'ouvre devant toi et qui veux bâtir sur du solide et du stable, dis oui à l'amour. Celui qui est vie et qui ne triche pas. Ne le brade pas à tout vent, en prenant un risque spirituel et médical disproportionné dont tu ne tireras qu'une jouissance fugace et stérile. Choisis plutôt de prendre l'engagement devant Dieu et les hommes de lui préparer ton coeur et de lui réserver ton corps. Dans une volonté d'abandon à son Amour et à sa Miséricorde, j'offre à Dieu toutes les difficultés, de tous ordres, que je vais encore connaître. Je Lui fais cadeau de ma vie avec joie pour que tu demeures fidèle à ta promesse. Répond OUI à l'Appel de Dieu et aie confiance. Prie pour moi. Ton frère Dominique.

Par Olivier Rolland
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /2009 17:56

Le Père Paul-Marie a donné ce enseignement au Festival Marial le 18 août 2008. Nous prévenons le lecteur qu'il s'agit plutôt d'un témoignage que d'une conférence universitaire, transcrit de l'oral.

Frère Paul-Marie de Mauroy Frère Paul-Marie est prêtre de la Communauté Saint-Jean et responsable de l'Association internationale de délivrance (AID). Cette association travaille sur la guérison intérieure et l’exorcisme,avec une réflexion forte sur le discernement.
www.stjean.com et www.vade-retro.fr

Je suis très heureux d’être parmi vous ce matin pour vous parler du mystère de Marie dans le cadre du combat spirituel en essayant de l’actualiser c'est-à-dire comment aujourd’hui Marie nous aide dans ce combat spi. Nous avons entendu tout à l’heure l’interview de Mgr Rey qui disait que l’évangélisation consistait entre autre à montrer comment la parole de Dieu vient nous rejoindre aujourd’hui dans notre vie de tous les jours. C’est ce que j’aimerais faire avec vous en m’appuyant sur le livre qui nous parle principalement des luttes du chrétien, le livre de l’Apocalypse au chapitre 12 et au chapitre 13.

Nous venons de fêter l’Assomption de la Vierge Marie qui est un grand mystère et qui est comme le dévoilement d’un mystère plus caché et plus profond. Un peu comme la résurrection de Jésus. Jésus ressuscite d’entre les morts, c’est la manifestation d’un mystère qui est plus caché, c’est la manifestation du mystère de Jésus qui est la résurrection. L’événement de la résurrection, n’est que la manifestation de quelque chose de plus profond. Et je crois que c’est analogue pour le mystère de l’Assomption de Marie. C’est la manifestation d’un mystère plus caché et plus profond. Quel est ce mystère ? C’est l’assomption de toute la personne humaine par la grâce, c'est-à-dire l’amour du Père qui vient nous chercher dans toute notre personnalité pour nous assumer. C’est cela, le mystère de l’Assomption, et vous voyez bien que ce mystère est actuel pour tous les hommes de tous les temps de toute l’Eglise mais spécialement quand la vie chrétienne se déroule dans des combats et dans les luttes contre l’ennemi, que nous connaissons par la révélation et par l’expérience, le démon, l’ennemi, le Satan.

Dans le livre de l’Apocalypse au chapitre 12 et 13, nous est montrée la femme victorieuse, entièrement victorieuse de l’ennemi : « Un signe grandiose apparut dans le ciel : une femme. La lune est sous ses pieds, douze étoiles couronnent sa tête, elle est dans les luttes et les douleurs de l’enfantement. » On la décrit d’abord comme femme puis comme reine avec ses douze étoiles puis comme mère dans les douleurs de l’enfantement. On la décrit comme femme, reine et mère. Ces  3 regards sur la Vierge Marie sont très importants, car en face d’elle il y a un autre signe grandiose, énorme plus exactement: c’est le dragon rouge feu, à 7 têtes et 10 cornes. Comment comprendre ce signe énorme ? Vous le savez bien, Jésus dit dans l’Evangile[1] que le démon est le père du mensonge et homicide dès le commencement. L’homicide est la 2nde mort, ce n’est pas la mort physique, mais c’est de nous couper de Dieu. Et comment le fait-il ? Par le mensonge. Le mensonge du démon, c’est la confusion. Entretenir les confusions en caricaturant tout ce que fait Dieu et tout ce que fait l’Eglise en particulier. La femme grandiose dans le ciel, c’est Marie, femme, Reine, Mère. Le démon caricature un aspect, un seul aspect. Puisque cela nous est révélé, il y a là quelque chose de très grand. En effet le démon a une intelligence angélique et il ne se trompe pas de cible. Qu’est ce qu’il caricature : il a les têtes couronnées … c’est la royauté de Marie qu’il caricature. C’est en même temps la couronne de la victoire qui est caricaturée. Il ne reprend que cela parce que c’est le point central et focal qui explique que l’enfant aussitôt né est enlevé au ciel, c'est-à-dire qu’il échappe au dragon. C’est la grande victoire par la maternité de Marie, par sa royauté et par son mystère de femme.

Autrefois le dragon, l’antique serpent avait été victorieux d’Eve qui devait par son alliance avec Adam non seulement être source par la génération de l’humanité mais aussi être instrument de la communication de la grâce, cette assomption de la personne humaine par la grâce devait se faire par la génération. Et le dragon a été victorieux, il a cassé cela. Face à cette chute terrible de l’humanité, Dieu a répondu dans l’amour en suscitant une nouvelle Eve, qui serait victorieuse, contre laquelle le démon ne pourrait rien, et dont la fécondité lui échapperait. C’est ce qui est dit ici. Maire est la nouvelle Eve. Son enfant aussitôt né, est élevé au ciel. Son enfant n’est pas le Christ parce que la femme est dans les douleurs de l’enfantement[2]. Il s’agit plutôt du mystère de l’Eglise. C’est Marie à la croix qui souffre du Christ crucifié mais qui connaît la grande victoire de l’amour du Christ crucifié et sur laquelle le démon ne peut rien faire. L’enfant aussitôt né enlevé au ciel : c’est cette grâce que l’enfant de Dieu reçoit à partir du moment où il est de bonne volonté, où il cherche à aimer. Et contre cela, le dragon ne peut rien faire. C’est la grande victoire, le don de Dieu, le don de  l’amour du Père, que nous avons reçu au plus profond de notre âme et qui fait qu’on échappe au démon. C’est déjà le ciel qui est présent en nous. Le dragon est vaincu mais comme tout orgueilleux, il ne reconnaît pas sa défaite. Il pense que ce n’est que partie remise. Alors que fait-il ?  Il suscite la bête de la mer et la bête de la terre[3]. La bête de la mer est présentée comme une bête monstrueuse avec 7 têtes et 10 cornes, donc comme le dragon. C’est une filiation, elle lui ressemble parce qu’elle est comme sa progéniture. Sur ses cornes, 10 diadèmes, encore la royauté ! mais cette fois-ci, ce ne sont plus les têtes qui sont couronnées comme chez le dragon, ce sont les cornes, c'est-à-dire le symbolisme de la puissance, de la domination. La bête de la mer domine et elle semble être victorieuse par sa domination. Et sur ses têtes, des titres blasphématoires.

« La bête que je vis, ressemblait à une panthère avec des pattes comme celles d’un ours et la gueule comme une gueule de lion ». Monstrueuse, vous imaginez : un ours, une panthère et un lion. Quelle caricature ! Mensonge du démon ! Ce sont les quatre vivants caricaturés, le visage d’homme, l’aigle, le taureau, le lion. Le Christ est les quatre vivants. C’est le Christ dans son mystère d’Incarnation, de cette alliance fabuleuse d’amour avec l’homme. Le Verbe a assumé, la nature humaine dans l’incarnation, c’est l’assomption. Le démon veut caricaturer, il veut faire des alliances avec l’homme… c’est la bête de la mer. Mais quelle alliance veut-il avec l’homme ? Il a des titres blasphématoire sur la tête. L’alliance du dragon avec l’homme, la bête de la mer, c’est faire que l’homme blasphème Dieu et le blasphème est celui du nom de Dieu. Dans la Bible, le nom de Dieu est « JE SUIS ». Le nom premier révélé à Moïse et que Jésus reprend est : « JE SUIS ». « Quand je serai élevé de terre alors vous saurez que je suis »[4]. Le blasphème du nom de Dieu, c’est de dire « je suis n’est pas » : l’athéisme, l’idéologie athée. L’athéisme a toujours existé mais comme système philosophique, comme système de pensée qui envahit la culture à travers Nietzsche, Sartre, et bien d’autres, c’est récent. C’est l’œuvre de la bête de la mer. C’est une fausse alliance du dragon avec l’intelligence spéculative de l’homme qui aboutit à la négation de Dieu. Comment ? Une des têtes de la bête de la mer paraissait blessée à mort et elle a repris vie. Ce phénomène de tête qui est blessée à mort et qui reprend vie, étonne tous les habitants de la terre qui sont stupéfaits et ils suivent la bête. C’est un prodige, une caricature de la résurrection : la tête blessée à mort qui reprend vie. La tête, symbolisme de l’intelligence, est blessée à mort. L’intelligence blessée à mort, si on est attentif à la vie de l’intelligence, c’est la négation, primat de la négation. Quand on est toujours tenté de critiquer, de nier, c’est l’œuvre de la bête de la mer. Ceci est très séduisant parce que grâce à ce primat de la négation, la négation de la négation, etc., on aboutit non seulement à  la négation de Dieu, mais on aboutit aussi à tout expliquer. C’est un système étonnant qui donne raison de tout. Cela séduit l’intelligence de l’homme. Et face à l’intelligence blessée à mort et qui a repris vie, l’homme est séduit, et il suit la bête de la mer. Alors face à cela, Marie nous donne l’Emmanuel, Dieu avec Nous, c’est la réponse d’amour de Dieu, Dieu avec nous, l’alliance de Jésus avec l’homme, l’alliance de Dieu avec l’homme.

Puis il y a la bête de la terre. Et c’est surtout  là-dessus que je vais m’arrêter parce que je crois qu’aujourd’hui, c’est cela le point de vue le plus important dont on n’est pas forcément lucide. La bête de la terre avait deux cornes comme un agneau mais parlait comme un dragon. Deux cornes comme un agneau, c’est l’apparence extérieure, c’est une caricature du mystère de l’Agneau de Dieu : la rédemption. La bête de la mer caricature les quatre vivants, l’Incarnation. La bête de la terre caricature l’Agneau mais elle parlait comme un dragon. C’est sa filiation avec la bête, le dragon, mais elle caricature le mystère de la Rédemption de Jésus, mort par amour pour nous, pour nous libérer du péché et du dragon. « Au service de la première bête, elle en établit partout le pouvoir, amenant la terre et ses habitants à adorer cette première bête dont la plaie mortelle fut guérie. Elle accomplit aux yeux de tous des prodiges étonnants, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre »[5]. La bête de la terre se différencie de la bête de la mer parce qu’elle est une alliance avec l’intelligence pratique de l’homme jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre. Jésus dit dans l’Evangile : « Je suis venu jeter un feu sur la terre »[6]. On voit bien le mensonge du démon, la caricature, la confusion qu’il produit en imitant ce que fait Jésus « Je suis venu jeter un feu sur la terre ». Lorsque Jésus dit cela, de quoi parle-t-il ? Il le dit au moment où il annonce sa passion. Ce feu qu’il vient jeter sur la terre, c’est la lumière, symbolisme du feu. C’est la lumière mais c’est aussi l’amour, la charité. Jésus est venu sur terre pour nous donner toute la lumière de Dieu et tout l’amour de Dieu, traduit à travers l’alliance avec l’homme, avec l’humanité. Comment le démon va-t-il caricaturer cela pour créer la confusion ? : une lumière qui semble venir d’en haut mais qui n’est pas la lumière divine, c’est quoi ? c’est une caricature du charisme de prophétie, la divination. Tous ceux qui prétendent donner une lumière d’en haut pour aider l’humanité, pour aider les personnes qui sont dans une situation terrible, impossible, qui sont dans une situation limite, alors on va les aider, on va leur donner une lumière sous prétexte de charité fraternelle, de philanthropie si vous voulez, on va aider l’humanité en donnant une lumière qu’on prétend venue dans haut. Il y a aujourd’hui beaucoup de personnes qui prétendent être en contact avec des entités et même quelquefois avec la Vierge Marie, avec Jésus, avec des saints du ciel, cela peut être vrai, mais cela peut être aussi le mensonge du démon. La bête de la terre fait descendre le feu du ciel sur la terre. Vous le savez bien, dans l’ancien testament Dieu a interdit la divination, mais elle prend des formes nouvelles.

Du côté de la charité, faire descendre le feu du ciel sur la terre, c’est l’amour divin qui vient embraser la terre comme le feu ardent du buisson que Moïse a vu. Ce feu de l’amour de Dieu qui a déjà pris possession de la nature humaine de Jésus dans l’Incarnation sans le consumer, cet amour qui brûle l’humanité sainte du Christ sans la détruire mais au contraire en l’ennoblissant. Quelle est la caricature démoniaque ? Ce feu de l’amour divin qui vient sur terre, c’est une compassion à l’égard du pauvre, du pécheur que nous sommes, du misérable. Jésus meurt sur la croix en donnant sa vie, il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime, c’est la compassion. La caricature démoniaque est une fausse compassion, l’apparence de la compassion. L’autre jour, une personne vient me voir, elle me dit :  « Mon père, ma fille est malade, elle va vers la mort. Je l’ai montrée à tous les médecins, personne ne peut la guérir. Alors qu’est ce que j’ai fait ? Je me suis laissée initier au Reikki et je l’ai guérie ». Comment voulez-vous faire comprendre à cette femme que ce n’est pas du bon Dieu ? Elle a guéri sa fille. Tout est bien. Elle a fait du bien à sa fille. Evidemment elle avait quelques problèmes après et c’est pour cela qu’elle est venue me voir. Comment lui montrer que c’est une alliance avec le démon ? Oui, le démon se sert de la bonne volonté. Cette une femme était croyante, elle croyait en Dieu et elle ne recherchait que le bien. Donc elle était de bonne volonté et sincère en plus de cela. La bête de la terre est capable de faire des alliances avec des âmes de bonne volonté qui sont sincères. Aujourd’hui ; la bête de la terre propose des thérapies nouvelles, plus efficaces que la médecine et parfois gratuites. Pourquoi s’en priver ? C’est terrible. Des thérapies nouvelles, qui ne sont pas toutes mauvaises rassurez vous, il y en a qui sont excellentes et naturelles mais le démon s’infiltre dedans pour caricaturer, imiter et tout dévier, tout fausser. Il y a beaucoup de thérapies aujourd’hui et si l’on n’est pas éclairé, notre bonne volonté ne suffit pas à être dans la lumière. Il ne s’agit pas de dire seulement : « Mais moi je veux faire le bien, moi je veux faire du  bien à l’humanité, et en face de Dieu, je crois que ce moyen est bon, donc je le prends ». En face de Dieu, cela ne suffit pas. Il faut être éclairé aujourd’hui. Voyez quelle est l’œuvre de la bête de la terre aujourd’hui. C’est redoutable ! C’est pernicieux, subtile. Ceci est la première action de la bête de la terre : le feu qui descend du ciel est un faux feu : du coté de la lumière, tout ce qui est de l’ordre de la divination, du côté de l’amour, tout ce qui est de l’ordre d’une fausse compassion. Aujourd’hui, la médecine traditionnelle fait ce qu’elle peut pour éliminer le mal et elle a raison, elle fait bien. On ne doit pas aimer le mal, même sous prétexte de la croix, le mal est le mal et on doit le fuir et lutter contre lui. Mais la science et la technique sont tellement développées qu’aujourd’hui on est capable d’éradiquer la plupart des maux, bien qu’il y en ait quelques-uns qui nous échappent encore, mais à quel point, jusqu’à quel prix ? Lorsque l’efficacité contre le mal atteint même ce qui est bon en nous, la personne humaine, est-ce que c’est encore juste, quelle est la limite, jusqu’ou la thérapie peut-elle aller ? il faut respecter la personne humaine. L’efficacité est telle qu’elle peut atteindre la personne et à sa dignité et du coup ce n’est plus du bon Dieu parce que la personne n’est plus respectée. L’œuvre de la bête de la terre est d’occulter le mystère de la croix. Elle propose  d’éradiquer le mal si fortement que le mystère de la croix est évacué, complètement, on en parle plus sous prétexte de bien. Il y a quelque chose de juste. Encore une fois, il faut lutter contre le mal. Jésus dit : «  si on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre ». Cela n’est pas de la lâcheté. Je ne dois pas m’exposer au mal. Il n’y a que lorsque je suis obligé de vivre le mal après avoir lutté contre lui que je choisis la croix. Et vous voyez, là il y a un petit dérapage qui est assez subtil. La lutte contre le mal est si puissant qu’il peut complètement occulter le mystère de la Croix. Et cela est l’œuvre de la bête de la terre. Marie au pied de la croix n’a pas évité la souffrance, elle est debout dit Saint Luc. Elle n’a pas fui la croix, elle était là comme la mère du crucifié. Elle a vécu pleinement ce mystère douloureux mais glorieux, ô combien glorieux parce que c’est l’amour qui domine. Et si elle a pu tenir comme Jésus sur la croix, c’est la révélation que cet amour est plus fort que la mort, c’est un amour divin car l’amour humain n’est pas victorieux de la mort.

C’est la Résurrection qui nous le montre, l’amour divin est victorieux de la mort. Et Marie au pied de la croix est debout, elle montre déjà cette victoire. Elle n’occulte pas cette souffrance. Mais elle la vit dans un regard de lumière, à sa juste place. Puis la deuxième action, encore plus redoutable que la première, de la bête de la terre, c’est qu’elle fait une image de la bête de la mer, et elle lui donne de l’animer, de la faire parler. Alors vous voyez bien ici, l’image est confondue, parce qu’elle parle, avec une présence. C'est la confusion du virtuel avec le réel. Avec le progrès de la technique, de l’électronique, de l’informatique, la deuxième action de la bête de la terre peut se développer. Tout ce progrès de la technique est une chose bonne encore une fois. J’ai personnelement un ordinateur qui me fait gagner du temps. Il permet de stocker beaucoup de choses et facilite le travail. Mais il y a un moment donné où on risque de ne plus être tout à fait dans la lumière. L’ordinateur est un outil au service de l’homme. Il est finalisé par le labeur de l’homme. Et lorsqu’il prend trop de place alors il y a un déséquilibre qui se fait et petit à petit. Ce déséquilibre, au-delà de l’aspect moral est plus profondément vital. Le virtuel remplace le réel. Parmi les jeunes d’aujourd’hui, beaucoup sont très tentés par cela. On passe des heures devant l’ordinateur, sous prétexte, bien sûr, de beaucoup de bonnes choses. Petit à petit, il se crèe une déformation de la nature humaine : on devient hypersensible. Et là il y a un paradoxe dont je voudrais vous faire part car cela a touché très concrètement mon expérience d’exorciste.

Rapidement je me suis trouvé en face de personnes qui étaient visiblement malmenées par le démon et qui pourtant menaient une vie chrétienne authentique, une vie sacramentelle, la prière personnelle, la communion, la confession, la lecture de la Parole de Dieu. Comment se fait-il qu’elles pouvaient être agressées par le démon de cette manière-là, jusqu’à présenter des symptômes qui étaient pratiquement ceux de l’infestation ou de la possession démoniaque ? Paradoxe ! Comment est-ce possible ? Et pourtant ce phénomène est bien réel et plus répandu qu’on ne le pense. Eh bien cela est l’œuvre de la bête de la terre. Et vous pouvez faire tous les exorcismes que vous voulez, toutes les prières de libération, vous ne libérerez pas ces personnes-là. Donc je me suis heurté à ce problème- là et je me suis dit : comment est ce possible ? Donc je suis allé voir mon évêque, je suis allé voir d’autres exorcistes qui avaient une grosse expérience de 20 ans, 30 ans et ils me disaient tous : « Mais c’est vrai, nous nous retrouvons devant certaines situations et nous sommes en échec ». Il y a des personnes qu’on ne peut pas libérer. Je me suis dit que ce n’était pas normal, que la grâce est victorieuse de tout. Alors, j’ai beaucoup échangé avec ces personnes. J’ai découvert qu’elles avaient toutes quelque chose en commun, c’est qu’elles étaient hypersensibles. Une sensibilité développée anormalement qui introduisait dans la nature humaine un désordre. Dieu a créé l’âme humaine qui est le sujet de la grâce, pour que l’ensemble de la personne soit gouvernée à partir de l’esprit : intelligence et volonté. Mais si la sensibilité prend trop de place, la personne n’est plus gouvernée par l’intelligence et la volonté. Ceci au plan naturel, je ne parle même pas au plan chrétien, au plan naturel. Si la sensibilité prend trop de place, la personne ne peut plus se gouverner à partir de l’intelligence et de la volonté. C’est un désordre vital, non pas moral. Et le démon, puisque ce désordre est contraire à l’intention de Dieu sur la personne, attaque. Ce désordre l’attire et il attaque. Et vous pouvez mener une vie chrétienne fervente, vous êtes quand même sujet et victime des agressions du démon. Il y a un petit désordre vital qui ne se voit pas, qui n’est pas moral. Vous menez une vie droite, théologale, et vous avez quand même des agressions du démon parce qu’il y a ce désordre vital.

Alors vous voyez, l’avènement du virtuel, le développement étonnant de l’informatique, de toute l’électronique, représente un danger réel aujourd’hui de favoriser ce qui en nous capte le virtuel, c'est-à-dire l’imagination. On développe un imaginaire très fort qui prend le pas sur l’intelligence. C’est cela le désordre vital. Et figurez-vous que ce désordre vital est héréditaire. Il se transmet de génération en génération. Donc, si la personne est victime de cette déformation, sans s’en rendre compte, elle va communiquer cette déformation et ses descendants, même s’ils mènent une bonne vie chrétienne, seront victimes des agressions du démon. Mais rassurez-vous, on peut y faire quelque chose. Marie nous montre comment elle est Mère, Mère du Verbe Incarné, Mère à la croix. Jésus lui dit « Femme voici ton fils »[7]. A travers ce fils, Marie est Mère de toute l’Eglise. Après le mystère de l’Assomption, qui a été officiellement déclaré dogme de la foi en 1950, le concile Vatican 2 a déclaré Marie Mère de l’Eglise. L’assomption de la grâce sur toute la personne de Marie, Marie étant Immaculée et pleine de grâce, devient le modèle de toute autre assomption : pour nous, Marie est le modèle de notre chemin de sainteté et exerce sa maternité sur nous pour cela. L’Eglise a donc déclaré Marie Mère de l’Eglise après l’avoir déclarée assomptée au ciel.

Elle nous montre comment elle lutte contre le dragon qui vomit un fleuve d’eau pour l’engloutir : la terre vient au secours de la femme et elle engloutit le fleuve[8]. La terre, c’est le réalisme. Et le réalisme, c’est l’œuvre de l’intelligence, à l’opposé de l’imaginaire, qui lorsqu’il n’est pas canalisé par l’intelligence, nous fait partir en dehors de la réalité. On rêve, on est ailleurs. L’intelligence nous met dans le réel, et la terre qui vient au secours de la femme, c’est le réalisme de la Vierge Marie au pied de la croix. Elle est Mère, Mère de l’Eglise, c'est-à-dire elle n’est pas seulement le modèle, elle nous éduque, parce qu’on est enfant de Dieu et un enfant, ça s’éduque tout le temps. Marie est mère et elle nous éduque dans ce réalisme. Comment nous éduque-t-elle dans ce réalisme ? Elle nous le montre à la croix puisque c’est Jésus qui nous la désigne à la croix pour que nous la recevions comme Mère. Et si elle est Reine, c’est pour que sa maternité aille jusqu’au bout. C’est sa royauté d’amour. Alors comment nous éduque-t-elle dans la lutte ? Pour être victorieux il faut que l’amour domine, et pour cela, on a besoin de Marie parce qu’elle saisit notre cœur et l’alliance avec Marie nous maintient dans l’amour, au cœur de la lutte. C’est comme cela qu’elle est notre Mère, notre Reine et qu’elle nous rend victorieux. Le réalisme dans la lutte est toujours très difficile parce qu’on est pris par la lutte et on perd la signification de la lutte. Pour rester dans le réalisme au cœur de la lutte, l’amour, apaise l’imaginaire. Quand l’amour prend possession de notre cœur, notre agitation intérieure dûe à notre imagination, se calme. Jésus a voulu que nous ayons une femme comme Mère pour que l’amour soit victorieux de cette propension à l’imaginaire de tout prendre. Et quand on est dans la lutte, c’est vraiment le lieu où l’on risque bien de tomber dans une espère ce paranoïa, de croire que tout le monde nous en veut, de croire qu’on nous fait du mal tout le temps, etc. L’amour est victorieux de cela. Jésus nous donne Marie pour cela.

Le développement de l’hypersensibilité fait se repère à des symptômes qui sont nuisibles pour la vie de l’homme : fatigue permanente, légère, mais permanente. Pourquoi cette fatigue ? Parce que l’imaginaire cogite tout le temps, tout le temps, tout le temps. Ce n’est pas l’intelligence, c’est l’imaginaire. Et cela fatigue beaucoup parce que ce n’est pas le mode humain de vivre. Du coup, le sommeil n’est plus réparateur. Et on se réveille le matin fatigué, on ne sait pas pourquoi. C’est parce que l’imaginaire n’est pas en repos et cela fatigue. Et on se réveille le matin épuisé. Puis on craint les foules, on ne supporte plus la foule parce que forcément quand on est hypersensible, on ressent le milieu et les personnes. Et on ne fait pas que ressentir, on capte. On prend tout et toutes les forces positives mais du coup aussi les négatives. On les absorbe, on est comme une éponge, on ramasse tout. Alors évidemment cela conduit à des états de dépression qui mènent au suicide, sans que l’on sache pourquoi. Et vous pouvez consulter les psychiatres, les psychothérapeutes, toutes les personnes compétentes que vous voulez, vous aurez des médicaments qui vous abrutissent mais qui ne guérissent pas. Parce que l’origine de cette dépression n’est pas biologique, elle est dûe à ce désordre vital. Et cela peut conduire à des états de dépression. L’autre jour, il y a un mois, je recevais une jeune fille, 26 ans, haïtienne, tellement hypersensible qu’elle avait une oppression respiratoire permanente. Elle n’arrivait pas à être libre dans sa respiration. Et elle avait des crises d’angoisse tellement fortes qu’elle était suicidaire. On a même été obligé une fois de la retenir pour qu’elle ne saute par la fenêtre. Aucune prière d’exorcisme ou de délivrance ne l’a libérée. Et quand j‘ai découvert qu’elle avait cette hypersensibilité, je lui ai dit ce qu’il fallait faire pour la perdre. En 15 jours elle a perdu son hyper-sensibilité. Toutes les oppressions ont disparu, les états suicidaires ont disparu, les angoisses ont disparu. Tout est redevenu normal. Il y a beaucoup de personnes, beaucoup plus qu’on ne le pense, qui ont ces désordres vitaux à cause de ces phénomènes de virtualité qui aujourd’hui prennent le pas sur tout. Ceci à cause du progrès de la science qui encore une fois est bon, mais qui réclame un discernement dans l’usage de ses fruits. L’Eglise a toujours dit que face à la science, il faut un surcroît d’humanité. Face au progrès de la science qui est tellement séduisant, parce que par la science sont règlés beaucoup de problèmes, il faut un surcroît d’humanité, il faut que l’homme grandisse pour gérer son produit qui est la science. Il doit s’en servir à bon escient, selon la vérité de la personne humaine. Donc, tous ces phénomènes engendrés par une excroissance de la sensibilité, conduisent à des états suicidaires et morbides où aucune prière de délivrance ou d’exorcisme ne peut aider car ils engendrent une déformation naturelle.

L’hyper-sensibilité donne aussi, figurez vous, des pouvoirs, des pouvoirs étranges qui sont les caricatures  démoniaques des charismes. Quand vous êtes hypersensible, vous pouvez avoir des visions et vous croyez que c’est un charisme de connaissance. Vous pouvez imposer les mains et guérir, ce que fait le magnétiseur qui imite et caricature le charisme de guérison. Vous pouvez avoir beaucoup d’autres pouvoirs qui sont des caricatures démoniaques des charismes, et qui ne sont pas des charismes mais qui sont dûs à un développement de l’hyper sensibilité. L’exercice de ces pouvoirs entretient ce désordre qui permet au démon de nuire, de mettre des obstacles dans la vie, d’entraver, d’empêcher des relations amicales. Ces personnes n’arrivent pas à trouver l’âme sœur, n’arrivent pas à trouver de travail, ils ont plein d’obstacles dans leur vie parce qu’il y a la bête de la terre qui œuvre à travers son mensonge. Son but est de conduire au désespoir.  Quand vous êtes chrétien fervent et que vous êtes entravé, vous vous dites : « mais qu’est ce que fait Dieu, pourtant je prie ? Pourquoi ne m’aide-t-il pas ? »  Et la révolte est tout de suite là, proche. Mais le problème n’est pas surnaturel car le démon ne peut rien faire contre la grâce. Il se sert donc de la nature humaine désordonnée pour agresser. Le problème est naturel, pas surnaturel. Les pouvoirs que donne l’hyper-sensibilité sont paranormaux. Ils ne sont pas du tout un don de Dieu, pas du tout. N’importe qui peut acquérir ces pouvoirs car ils s’acquierent par l’exercice de l’hypersensibilité. Je ne dirai pas la recette parce que je ne veux pas vous tenter. Mais n’importe qui, qui s’exerce à certaines activités de sensibilité, devient hypersensible et acquiert ces pouvoirs.

Quelles sont les causes qui développent l’hyper-sensibilité ? Toutes les méthodes de méditation transcendentale développent cette hypersensibilité. Le Yoga qui paraît inoffensif, du moins certains yogas comme le tantrisme. Même les yogas qui ne sont que de la gymnastique, ont l’air tellement inoffensifs et pourtant ils sont sous-tendus par une philosophie qui n’est pas en accord avec une vraie anthropologie humaine. La sophrologie prétend être au service du bien des personnes, pour les aider à gérer leurs souffrances. Alors je ne dis pas que c’est démoniaque, bien sûr que non. Mais ce sont des dispositions, qui petit à petit peuvent conduire à quelque chose de beaucoup plus grave. Partout où l’on demande de renoncer à l’exercice de l’intelligence, c'est-à-dire de la présence au réel de la personne, ce n’est plus humain. Je ne dis pas que c’est démoniaque mais il faut faire attention, cela peut engendrer des dispositions mauvaises. Toutes les thérapies à base d’énergies, kinésiologie, biokinésie, etc... sont tout autant dangereuses. Et aujourd’hui il s’en invente de nouvelles tous les jours. Ces manipulations énergétiques sont simplement liées à un développement de l’hypersensibilité parce que l’énergie est liée à la matière et que la sensibilité est liée à la matière. La sensibilité est celle du corps. Développer une hyper-sensibilité, rend capable de mobiliser ses énergies et de les communiquer ou de ces capter, d’être un canal, c’est la médiumnité. Et quand on s’y adonne, l’hyper-sensibilité est développée et c’est un serpent qui se mord la queue au sens propre. L’état de la personne se dégrade progressivement. Et on a beau prier, être fervent, faire des retraites, l’état se dégrade quand même, car la personne s’engage dans ces activités qui déforment sa nature humaine et qui permettent après au démon de l’agresser. C’est tellement sournois !  Que peut-on faire lorsque l’on n’est pas informé ? Heureusement, la prédestination de l’hyper-sensible n’est pas remise en cause. La prédestination vient de la présence de la grâce dans l’âme et le démon ne peut pas l’enlever car l’enfant est aussitôt enlevé au ciel. Même avec ces thérapies, même avec ces exercices de sensibilité, rien n’est changé au chemin de sainteté mais celui-ci peut être entravé.

Revenons à l’image de la bête de la mer qui est animée, à la confusion du virtuel et du réel. Il n’y a pas si longtemps que cela, il y a quelques années, est sorti ce film ‘Matrix’ que beaucoup d’entre vous ont vu, surtout les jeunes. Moi je me suis obligé à le regarder pour voir. Dans le film, à un moment donné, vous ne savez plus du tout si vous êtes dans le virtuel ou dans le réel. La confusion est complète. Le film est entièrement basé sur cette confusion. La drogue, même la petite drogue, le shit, ça engendre ce désordre vital. Car vous faites un voyage dans l’imaginaire et vous déformez votre imaginaire plastiquement si bien qu’après l’intelligence n’a plus le dominium. C’est l’imaginaire qui prend tout. Même si le drogué se convertit, il garde cette déformation vitale tant qu’il ne fait pas ce qu’il faut pour la perdre. Et heureusement on peut la perdre.

La dernière action de la bête de la terre consiste à marquer les adorateurs de la bête de son chiffre, 666, dont on nous dit qu’il faut un esprit doué de finesse pour savoir ce qu’il veut dire[9]. Elle les marque au front ou à la main de telle sorte qu’ils ne pourront plus ni acheter ni vendre, c'est-à-dire qu’ils seront exclus de la société humaine et ils pourront mourir. Ni acheter ni vendre, c’est dire que vous ne pouvez plus vous nourrir et vous pouvez mourir. Autrement dit, en ayant cette marque de la bête de la terre, vous entrez dans la société des hommes pour pouvoir survivre, pour acheter et vendre. Et si vous n’avez pas cette marque vous êtes exclus. Caricature démoniaque de quoi ? Caricature démoniaque de l’initiation chrétienne dans laquelle vous pouvez participer à la vie surnaturelle grâce à la liturgie. C’est par le baptême, la confirmation, l’eucharistie, qu’on entre dans cette vie de l’Eglise et qu’on vit de cette vie surnaturelle. Le démon caricature en faisant ses initiations à lui. Une initiation qui vous fait entre dans le secret. Une initiation qui vous fait entrer dans une connaissance qui sauve. C’est l’ésotérisme, et pratiquement l’occultisme. Aujourd’hui les sociétés secrètes initiatiques surabondent. Il existe des initiations occultes qui ne vous font pas entrer dans une société secrète mais qui vous marque en vue d’un pouvoir occulte. Le Reikki implique souvent une initiation. Donc vous voyez aujourd’hui la bête de la terre est redoutable, elle entretient des confusions en vue de faire perdre la vie de la grâce. Comme la bête de la terre ne peut rien faire pour enlever directement la grâce, elle atteint l’homme autrement, indirectement, sournoisement, en créant les confusions.

Si nous recevons Marie comme Mère, elle vient au secours de l’homme par son réalisme de l’amour, sa maternité divine, et elle nous évite toutes ces embûches, même si on n’est pas éclairé comme je viens de le faire pour vous, sur toutes ces activités de la bête de la mer et de la bête de la terre. En prenant Marie comme Mère, sa maternité de Marie s’exerce sur nous, sa royauté et elle nous maintient dans le primat de l’amour. C’est toujours cela la Sagesse de Dieu, c’est le primat de l’amour. Eve a succombé à la tentation du serpent. Dieu avait donné ce commandement négatif : « Vous ne mangerez pas du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal »[10]. Ce n’était pas pour tenter l’homme, c’était pour le prémunir et le fortifier contre une attaque du démon. Car l’ange de lumière a chuté à cause de cela : il voulait le primat de l’intelligence sur l’amour. Dieu savait qu’il viendrait tenter l’homme. Alors pour fortifier l’homme dans la lutte contre le serpent, il a demandé à Adam et Eve de faire passer l’amour devant l’intelligence en réclamant d’eux la confiance : « Vous ne mangerez pas du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ». La confiance passe devant le désir de  connaitre le bien et le mal. C’était fortifier Adam et Eve dans la lutte contre le serpent. Pour eux, ce commandement négatif n’était pas une épreuve parce que faire confiance à quelqu’un qu’on aime de tout son cœur et de toute son âme, ce n’est pas une difficulté. Et le serpent est intervenu d’une manière si subtile. ‘Alors Dieu vous prédestine au bonheur éternel qui est de voir Dieu face à face, tout connaître puisque Dieu est la réalité absolue. Il vous prédestine à cela mais Il vous donne un commandement qui restreint votre connaissance. C’est contradictoire. Si c’est contradictoire, c’est parce qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Dieu a peur que vous deveniez comme lui’. Le serpent a réussi à corrompre en suspicion, en doute, la confiance que Dieu réclamait d’Adam et d’Eve. C’était cela, l’astuce du Serpent : le mensonge. Et face à la nouvelle Eve, le dragon veut s’imposer. Il veut s’imposer face à la Femme qui est dans un état de vulnérabilité puisqu’elle est dans les douleurs de l’enfantement. Alors il se montre dans sa puissance pour impressionner la femme, pour avoir du pouvoir sur elle par la peur. La peur est directement contraire à la foi. Pourquoi est-ce que le démon multiplie les phénomènes paranormaux ? Des bruits dans les maisons, (ce n’est pas toujours le démon du reste mais quelquefois) dont on ne connaît pas l’origine, des voix qu’on entend dans sa tête, des objets qui bougent tout seuls. Pourquoi est ce qu’il fait tout cela ? Un objet qui bouge tout seul est-ce source de mal ? Non. Est-ce source de bien ? Non. Mais pourquoi fait-il cela ? Pour susciter la peur. Car il sait que si on a peur, on sort de la confiance en Dieu. La foi est une confiance. Quand on a confiance en Dieu on n’a pas peur car on sait que Dieu est providence, qu’il est amour et qu’on est dans ses mains. Le démon fait tout pour susciter la crainte et la peur parce qu’il sait qu’elle nous fait sortir de la foi et donc qu’il pourra acquérir un pouvoir sur celui qui a peur. Il veut rendre l’homme vulnérable. Voyez comme la foi aujourd’hui peut être attaquée de multiples manières : par le point de vue de la peur, de la crainte, de l’angoisse.

Par le point de vue d’un excès de virtuel développant l’hypersensibilité, l’imaginaire devient trop fort et prend le pas sur l’intelligence. Or la foi est reçue dans l’intelligence qui est la faculté du réel, si bien que la Foi ne peut plus être exercée. C’est cela, la subtilité des attaques du démon,. Comme il sait qu’il ne peut pas enlever la foi, l’espérance et la charité, il fait tout pour que nous ne puissions plus les exercer, les rendre vains. Déjà, face aux réalités qu’on expérimente grâce à nos sens liés à l’intelligence, ce n’est pas toujours facile d’être présent au  réel. Face à une réalité qu’on n’expérimente pas à partir de nos sens comme Dieu, Jésus, Marie, si on n’a pas une intelligence qui est très forte du point de vue du réalisme, on est mis à mal dans l’exercice de la foi. Contre l’espérance, vous savez bien que l’espérance se porte sur la vision béatifique, sur le bonheur éternel et sur les moyens que Dieu nous donne pour atteindre ce but. Face à cela, le progrès de la science, gigantesque aujourd’hui, et s’accélèrant, séduit le cœur de l’homme au point que petit à petit il s’appuie sur la science comme le vrai secours de l’homme et il oublie tout l’aspect surnaturel du secours divin. Et l’homme finit par se persuader qu’il arrivera toujours à trouver des solutions. Contre la charité, la bête de la terre veut développer en l’homme une fausse compassion qui n’est que sensible. Tout à l’heure je rencontrais, pas ici mais ailleurs, une dame qui me disait : «  grâce à mon hypersensibilité j’ai une compassion extraordinaire pour les gens. Je vis au rythme de la souffrance de l’autre. Je compatis de façon extraordinaire à la souffrance de l’autre. ». Elle était dans le ministère des accompagnants des mourants. Elle affirmait : « je peux les accompagner de façon extraordinaire parce que je vis ce qu’ils vivent. ». Seulement, à la fin de la journée elle n’était pas belle à voir, complètement laminée, réduite à l’état animal. Et elle pensait : « mais c’est ça la compassion chrétienne ». Alors attention, la compassion chrétienne implique bien sûr une compassion sensible, mais la compassion chrétienne est d’abord spirituelle. Marie au pied de la croix. Si Marie était hypersensible comme cette femme, elle se serait écroulée par terre au pied de la croix. Et Saint Luc dit « Elle est debout ». Non pas que Marie n’ait pas de compassion sensible, mais c’est la compassion spirituelle qui domine en elle. L’astuce de la bête de la terre est de faire croire qu’on est dans une charité fraternelle débordante parce qu’on vit ce que l’autre vit. Mais on le vit sensiblement. On ne le vit pas spirituellement.

Autre aspect des conséquences de l’hyper-sensibilité : quelqu’un qui a une hypersensibilité très développée, aura tendance par exemple à prendre ses décisions en fonction de ce qu’il ressent. Il a une décision à prendre et il va dire « ça je ne vais pas le faire parce que je ne le sens pas du tout. Par contre ça je le sens bien je vais faire comme ça ». Quand on vit ainsi, avec le feeling, c’est le ressenti qui commande l’orientation qui est prise. C’est la vie sensible qui commande à la décision qui relève de la volonté. Le désordre vital engendré par l’hyper-sensibilité amène à poser des actes à l’envers. Les animaux fonctionnent à partir de leur ressenti. Une brebis qui voit le loup, que fait-elle ? Elle fuit, car elle sent qu’il y a là une réalité qui n’est pas bonne pour elle, elle fonctionne au feeling. L’hypersensible aura tendance à vivre ainsi, c'est-à-dire qu’il se rabaisse au niveau animal. Et il croit en plus qu’il a des pouvoirs extraordinaires qui lui permettent de ressentir les choses et donc de bien se diriger. Le démon laisse faire parce qu’il veut que les personnes aient confiance en leur ressenti. Pourquoi ? Parce que le ressenti l’intéresse. Il connaît le ressenti. Il n’a pas accès à l’esprit, à l’intelligence et à la volonté. Même en cas de possession démoniaque, le démon n’a jamais accès à l’intelligence et à la volonté. Il entrave leurs exercices, bien sûr, mais il n’y a jamais accès directement. Par contre le ressenti, il sait tout et il y a un accès. Alors imaginez-vous, si vous prenez une décision en fonction de ce que vous ressentez, il sait à l’avance ce que vous allez faire. Donc qu’est ce qu’il fait ? Il vous met des entraves et votre vie est bloquée. Vous avez beau entreprendre tout ce que vous voulez, vous aurez des barrages, des pépins, des ennuis anormaux et vous êtes entravés dans votre vie. Alors comment prendre ses décisions ? avec l’intelligence. J’ai une décision à prendre ? Je réfléchis, je cherche la vérité : qu’est ce qui est bon pour moi ? Je ne me fie pas à ce que je ressens si je suis hyper-sensible, parce que non seulement le démon sait tout ce que je ressens mais il peut intervenir, changer mon ressenti, me faire sentir bon ce qui est mauvais et mauvais ce qui est bon. Donc il va attendre la décision de ma vie, l’orientation de vie et il va tromper le ressenti à ce moment là pour que je prenne une décision qui me mette dans une impasse. Autrement, le démon me laisse ressentir bon ce qui est bon et mauvais ce qui est mauvais parce qu’il veut que j’ai confiance dans mon ressenti, il veut que ce soit cela qui me guide. De toute façon cela ne le gêne pas parce qu’il mettra des obstacles.

 Comment faire pour perdre cette hypersensibilité ? Car malheureusement étant un habitus, plus elle est exercée, plus elle se développe comme l’art. Et si je ne sais pas que je suis hypersensible, en l’exerçant, je la développe et mon état se dégrade, même si je prie. Alors pour la perdre, il faut créer un habitus contraire, c'est-à-dire développer la vie de l’esprit au plan naturel. Voyez, souvent on entend parler de l’accompagnement psycho-spirituel. Cela fait beaucoup de bien, mais quelquefois ce n’est pas suffisant parce qu’on occulte, entre le spirituel entendu au sens de surnaturel et le psychologique, ce qui est intermédiaire, c'est-à-dire la vie de l’esprit au plan naturel : chercher la vérité, développer la volonté. Et si on occulte la vie de l’esprit au plan naturel, il y aura un ordre qui ne pourra pas se faire dans la personne humaine. Evidemment Dieu peut tout faire même si on ignore tout de ces choses là. Dieu fait ce qu’il veut et si on prie et qu’on est une âme de bonne volonté, Dieu nous aidera. Mais si on peut coopérer, c’est mieux. Il ne faut donc pas occulter cette dimension capitale de notre personne humaine qui est la vie de l’esprit au plan naturel : recherche de vérité, rechercher à aimer au plan spirituel, naturel. Et si je développe cette dimension de ma personne humaine, je remets l’ordre voulu par le Créateur et cela ferme la porte au démon. C’est la victoire, la victoire de Marie, la terre qui vient au secours de la femme. Cette petite terre si humble, si petite, vient au secours de ce qu’il y a de plus élevé dans la vie de l’homme, la vie de l’esprit. Occulter la dimension spirituelle naturelle de l’homme ouvre la porte aux influences mauvaises.

Une petite anecdote et je terminerai par là. Je suis allé en Afrique plusieurs fois et j’organisais un colloque par mon association, l’I.A.D., c’était au Cameroun. Lors de ce colloque, des possédés sont venus me demander de l’aide puisque l’archevêque de Yaoundé m’avait donné les pouvoirs d’exorciste. Effectivement, dès que je faisais une prière d’exorcisme, les gens tombaient par terre avec des symptômes révélant une crise de possession, alors que c’étaient des gens qui étaient chrétiens, qui menaient une vraie vie chrétienne. Donc j’ai arrêté la prière parce que je savais que c’était anormal. J’ai attendu qu’ils reviennent à eux et je les ai interrogés, leur demandant s’il n’y avait pas cette hypersensibilité et effectivement elle était présente. Donc j’ai dit à l’un d’eux : « je recommence la même prière, je te parie que tu ne tombes plus, que tu n’as plus de crise, mais pendant la prière tu ne fermes pas les yeux. Tu restes éveillé dans ton intelligence, bien présent au réel. » Je recommençai la prière et il ne tombait plus. Pourquoi ? Faire une prière de grand exorcisme, cela excite le démon, le met en colère et il veut se venger. Et si la personne a une porte ouverte, il la terrasse et lui donne une crise de possession alors qu’elle n’est pas possédée. Le Christ habite dans la personne chrétienne fervente et pour cette raison, elle ne peut pas être possédée ni infestée. Pourquoi la seconde fois que je recommençais la prière, la personne ne tombait plus, ? J’excitais toujours le démon par cette prière, mais cette fois-ci, le démon ne pouvait plus se venger parce que la personne n’était plus dans son hypersensibilité, elle était dans son intelligence et comme le démon n’y a pas accès, il ne pouvait plus se venger et la terrasser. Donc rendons-nous compte: la personne croyait qu’elle était possédée parce qu’à chaque fois qu’on priait sur elle, elle manifestait une crise de possession. Et elle pensait que la prière de l’Eglise ne pouvait rien faire pour elle parce qu’on arrivait pas à la libérer. En deux minutes, elle a vu qu’il n’y avait rien du tout. Il suffisait d’être présent au réel, à son intelligence. Cela ne veut pas dire que le problème a été réglé. Il fallait qu’elle s’exerce à bien être présente au réel dans l’intelligence et petit à petit la porte se fermait aux attaques de l’ennemi. Mais c’était la démonstration que ce n’est pas parce que des manifestations démoniaques sont présentes que la personne est infestée ou possédée, pas du tout. Il peut y avoir une faille, dont le démon se sert pour faire croire à une possession ou une infestation. Le but est de désespérer les personnes. Croyez-moi les personnes étaient dans un état pitoyable en croyant qu’elles étaient possédées et que la prière de l’Eglise ne pouvait rien faire pour elles, qu’elles n’avaient pas d’issue. Après, je me suis dit : ‘tous les gens qui me disent : mais est ce qu’on ne m’a pas fait du mal, est ce qu’on ne m’a pas jeté un sort, est ce qu’on ne m’a pas fait de la sorcellerie ?’ Au début je pensais que c’était la peur de la sorcellerie qui faisait dire cela. Mais j’ai compris que ce n’était pas cela. L’hypersensibilité rend perméable aux influences si bien que partout où va celui qui est hyper-sensible, il ressent les influences mauvaises comme des agressions quasi physiques pouvant prendre l’apparence de symptômes de l’infestation. Donc, il suffit de comprendre qu’il y a cette déformation de la nature humaine, qui peut rendre victime des agressions du démon, sans qu’il habite dans la personne hyper-sensible surtout si elle est chrétienne puisque c’est le Christ qui habite en elle. On peut remédier facilement à l’hyper-sensibilité en rétablissant l’ordre vital de la personne humaine. Du coup, cela ferme les portes au démon, sans aucune prière de délivrance ou d’exorcisme. Alors c’est cela l’assomption, le mystère de l’assomption, c’est l’assomption de la nature humaine qui se remet droite, qui se remet dans l’ordre voulu par Dieu. Notre vocation est une vocation à l’amour, humainement et spirituellement parlant, surnaturellement parlant. Et s’engager dans cette vocation à l’amour exige de chercher la vérité pour discerner le vrai bien. Marie nous a été donnée pour ça : pour que l’amour soit premier.

Encore un aspect dont je voudrais vous faire part  parce que vous faites partie de ces communautés du renouveau. Lorsqu’il y a l’effusion de l’Esprit Saint, les gens tombent à la renverse, c’est une expérience réelle de l’Esprit Saint mais il peut advenir que dans le repos de l’Esprit, il se passe des manifestations bizarres : des gens qui se mettent à hurler, à se tordre, etc… Qu’est ce que cela veut dire ? Cela signifie que l’Esprit Saint permet ces manifestations pour que l’on comprenne qu’il y a quelque chose à faire pour ces personnes. Il faut les prendre en charge, et souvent ce sont des blessures d’enfance qui sont manifestées ainsi. J’ai eu le cas de plusieurs personnes qui sont venues me voir à cause de cela. Ayant vécu le repos dans l’Esprit, il s’était passé quelque chose de bizarre. Souvent il a été discerné que ce sont des blessures d’enfance qui se manifestent dans le repos de l’Esprit. Ces blessures d’enfance entravent la vie parce que ces blessures d’enfance peuvent engendrer des états dépressifs, voire morbides, suicidaires ou des comportements qu’on ne maîtrise pas, qu’on ne veut pas mais qu’on ne maîtrise pas : propension à la colère, qu’on ne veut pas, dont on souffre, mais qu’on arrive pas à juguler. Les blessures d’enfance peuvent engendrer des phénomènes étranges. Les blessures d’enfance font partie de ce qu’on appelle des portes ouvertes, c'est-à-dire des failles qui permettent au démon malgré une vie chrétienne fervente d’agresser et de nuire.

Il existe d’autres portes ouvertes. Une fois je recevais une personne qui m’avait été envoyée par un évêque. Elle était fervente, mariée, et faisait des retraites au carmel, pais elle souffrait. Dès qu’elle subissait une prière de délivrance, elle tombait par terre et elle se déplaçait comme un serpent à toute allure. Comment cela peut-il arriver malgré une vraie vie chrétienne ? C’était l’hérédité, une hérédité mauvaise. Dans l’ascendance de cette personne, il y avait des ancêtres qui avaient touché à des pratiques occultes. Celles-ci créent des dispositions mauvaises dans le corps qui se transmettent par génération. Quand dans l’ascendance, vous avez des personnes qui ont fait du spiritisme, du magnétisme, des choses mauvaises, elles créent dans leurs corps des dispositions mauvaises qui se transmettent par génération. Ces dispositions sont de véritables portes ouvertes qui permettent au démon d’agresser les descendants. Heureusement on peut y remédier. Il n’y a rien de systématique dans l’hérédité. La loi de l’hérédité est étrange : quelquefois une génération est épargnée, et quelquefois dans la même génération il y en a un qui reçoit toute l’hérédité mauvaise et l’autre rien. Mais ce sont autant de portes ouvertes qui permettent à l’ennemi d’attaquer. Marie, Immaculée Conception, n’a aucune hérédité mauvaise. Et comme elle est notre mère, elle nous fait la grâce de nous enfanter, c'est-à-dire de nous communiquer quelque chose de sa vie surnaturelle. On ne sera jamais Immaculée Conception, mais on peut vivre de cette naissance d’en haut. L’ Immaculée Conception, c’est bien cela : Maire est née d’en haut. A l’origine, elle est sans faute sans tâche et dans sa vie contemplative, elle naît d’en haut. Et c’est cela qu’elle nous apprend : à vivre de cette grâce, de cet amour du Père qui nous fait naître d’en haut.


[1] Jn 8, 44

[2] En raison de son Immaculée Conception, Marie ne pouvait pas souffrir les douleurs de l’enfantement du Christ car les douleurs de l’enfantement sont la conséquence du péché originel.

[3] Ap 13

[4] Jn 8,28

[5] Ap 13,12-13

[6] Lc 12,49

[7] Jn 19,26

[8] Ap 12,16

[9] Ap 13,18

[10] Gen 2,17

Par Olivier Rolland - Publié dans : Formation chretienne
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 /01 /2009 17:37

On demanda un jour à un vieux professeur d’intervenir, en tant qu’expert, sur le thème de la planification la plus efficace de son temps, devant les cadres supérieurs de quelques grosses entreprises américaines. Il décida de tenter une expérience. Debout face au groupe prêt à prendre des notes, il sortit un grand vase en verre vide, du dessous de la table. Il prit également une douzaine de cailloux de la taille de balles de tennis qu’il déposa délicatement un à un dans le vase jusqu’à ce qu’il soit plein. Lorsqu’il devint impossible d’ajouter d’autres cailloux, il demanda à ses élèves : « Le vase vous semble-t-il plein ? » et tous répondirent : « Oui ! ». Il attendit quelques instants puis ajouta : « Vous en êtes sûrs ? »

 

Il se pencha à nouveau et sortit du dessous de la table une boîte remplie de gravillon qu’il versa avec soin sur les gros cailloux en bougeant légèrement le vase afin que celui-ci s’infiltre jusqu’au fond entre les cailloux. « Le vase est-il plein cette fois ? » demanda-t-il. Devenus plus prudents, les élèves commencèrent à comprendre et répondirent : « Peut-être pas encore ». « Bien ! », répondit le vieux professeur. Il se pencha à nouveau et sortit cette fois un sac de sable qu’il versa prudemment dans le vase. Le sable remplit tous les espaces entre les cailloux et le gravillon. Il demanda à nouveau : « Le vase est-il plein maintenant ? » Tous répondirent sans hésiter : « Non ! ». En effet, répondit le vieux professeur et, comme s’y attendaient les élèves, il prit la carafe posée sur la table et versa l’eau qu’elle contenait, dans le vase, jusqu’au bord.

 

Il leva alors les yeux vers son auditoire et demanda : « Quelle grande vérité nous enseigne cette expérience ? ». Le plus audacieux, pensant au thème du cours (la planification du temps), répondit : « Ceci montre que même lorsque notre agenda est entièrement rempli, avec un peu de bonne volonté on peut toujours y ajouter un engagement, une chose supplémentaire à faire ». « Non, répondit le professeur. Ce n’est pas cela. Cette expérience nous démontre autre chose : si l’on ne met pas d’abord les gros cailloux dans le vase, on ne réussira jamais à les faire entrer par la suite. Il y eut un moment de silence et tous prirent conscience de l’évidence de cette affirmation. Il poursuivit alors : « Quels sont les gros cailloux, les priorités, dans votre vie ? La santé ? La famille ? Les amis ? Défendre une cause ? Réaliser une chose qui vous tient à cœur ? La chose importante est de mettre d’abord ces gros cailloux dans votre agenda. Si l’on donne la priorité à mille autres petites choses (le gravillon, le sable) on remplira sa vie de futilités et l’on ne trouvera jamais le temps de se consacrer aux choses vraiment importantes. N’oubliez donc pas de vous poser souvent la question : ‘Quels sont les gros cailloux dans ma vie ?’ et de les mettre à la première place dans votre agenda ». Puis, d’un geste amical le vieux professeur salua l’auditoire et quitta la salle.

 

P. Raniero Cantalamessa, o.f.m.cap., 3/11/2006


La prière fait-elle partie de ces priorités, pour vous ? Vous n'y arrivez pas parce que vous n'avez pas le temps ? Soyez-en assurés : vous n'aurez jamais le temps pour prier si vous attendez, pour prier, d'avoir tout terminé ce que vous aviez à faire. Vous ne trouverez le temps pour prier que si vous avez réservé dans votre agenda le temps pour la rencontre avec votre Dieu, si vous avez su mettre en premier, dans votre agenda, ce qui est premier. Demandez-en la grâce à Dieu ! Mais, précisément pour demander, il faut au moins s'arrêter un moment. Si vous avez un vrai désir de Dieu, vous trouverez le temps. Et sachez que Dieu est si bon que le temps que vous lui donnez, il vous le rend. Alors, n'hésitez plus !

Par Olivier Rolland - Publié dans : prier
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 17:15

Cinquième fiche : Les 7ème, 8ème et 10ème commandements

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » - 3

 

Le 7ème commandement :

tu ne voleras pas

 

Ce commandement concerne la destination universelle des biens, la propriété privée, le respect des personnes et de leurs biens, et le respect de l’intégrité de la création. L’Église y trouve aussi le fondement de sa doctrine sociale, qui comprend la rectitude dans l’action, que ce soit dans le domaine économique, dans la vie sociale et politique, dans le droit et le devoir du travail humain, dans la justice et la solidarité entre les nations, ou dans l’amour pour les pauvres.

 

Le droit à la propriété privée existe à condition que la propriété soit acquise ou reçue de manière juste et que demeure la destination universelle des biens, c’est-à-dire que, de fait, les besoins fondamentaux de tous les hommes puissent être satisfaits.

 

La propriété privée a pour finalité de garantir la liberté et la dignité des individus, les aidant à satisfaire les besoins fondamentaux de ceux dont ils ont la responsabilité et aussi de ceux qui vivent dans la nécessité.

 

Le 7ème commandement exige le respect des biens d’autrui, par la pratique de la justice et de la charité, de la tempérance et de la solidarité. Il exige en particulier : le respect des promesses et des contrats stipulés, la réparation de toute injustice commise et la restitution des biens volés ; le respect de la création, grâce à un usage prudent et modéré des ressources minérales, végétales et animales qui existent dans l’univers. En particulier, l’homme doit traiter avec bienveillance les animaux, qui sont des créatures de Dieu, en évitant à leur égard un amour excessif.

 

Le septième commandement interdit avant tout le vol (usurpation du bien d’autrui contre la volonté raisonnable du propriétaire), le fait de payer des salaires injustes, de spéculer sur la valeur des biens pour en tirer des avantages au détriment d’autrui, de contrefaire des chèques ou des factures. Il est interdit en outre de commettre des fraudes fiscales ou commerciales, détériorer des propriétés privées ou publiques, de pratiquer aussi l’usure, la corruption, l’abus privé des biens sociaux, les travaux mal exécutés de manière consciente, le gaspillage.

 

L’Église intervient en portant un jugement moral en matière économique et sociale, quand cela est exigé par les droits primordiaux de la personne, par le bien commun ou par le salut des âmes.

 

La vie sociale et économique doit s’exercer pour le service de l’homme dans son intégralité et pour le service de toute la communauté humaine, dans le respect de la justice sociale. Elle doit avoir l’homme comme auteur, centre et fin.

 

S’opposent à la doctrine sociale de l’Église les systèmes économiques et sociaux qui sacrifient les droits primordiaux des personnes ou qui font du profit leur règle exclusive et leur fin ultime. C’est pourquoi l’Église réfute les idéologies associées au cours de la période moderne au « communisme » ou aux autres formes athées et totalitaires de « socialisme ». En outre, dans la pratique du « capitalisme », elle rejette l’individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain.

 

Pour l’homme, le travail est un devoir et un droit, grâce auquel il coopère avec Dieu créateur. En effet, en travaillant avec soin et compétence, la personne met en œuvre des capacités inscrites dans sa nature et les talents qu’il a reçus ; elle subvient à ses besoins et à ceux de ses proches ; et elle est au service de la communauté humaine. L’accès à un travail sûr et honnête doit être ouvert à tous, sans discrimination injuste, dans le respect de la libre initiative économique et d’une rétribution équitable.

 

Les dirigeants d’entreprise ont une responsabilité qui les oblige à considérer le bien des personnes et pas seulement l’augmentation des profits ; ceux-ci sont cependant nécessaires pour réaliser les investissements, l’avenir des entreprises, l’emploi et la bonne marche de la vie économique.

 

Les travailleurs doivent s’acquitter de leur travail avec conscience, compétence et dévouement, cherchant à résoudre les conflits éventuels par le dialogue. Le recours à la grève non violente est moralement légitime quand il se présente comme un élément nécessaire en vue d’un bénéfice proportionné, tout en tenant compte du bien commun.

Les fidèles interviennent directement dans la vie politique et sociale en animant avec un esprit chrétien les réalités temporelles et en collaborant avec tous, comme authentiques témoins de l’Évangile et artisans de paix et de justice.

 

L’amour envers les pauvres s’inspire de l’Évangile des Béatitudes et de l’exemple de Jésus dans son attention constante envers les pauvres. Jésus a dit : « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 152 40). L’amour envers les pauvres passe par l’engagement contre la pauvreté matérielle et contre les multiples formes de pauvreté culturelle, morale et religieuse.

 

Le 8ème commandement :

tu ne feras pas de faux témoignage

 

Toute personne est appelée à la sincérité et à la véracité dans sa conduite et dans ses paroles. Chacun a l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer, ordonnant toute sa vie selon les exigences de la vérité. Jésus Christ manifeste la vérité de Dieu tout entière. Il est la Vérité. Celui qui le suit vit dans l’Esprit de vérité et fuit la duplicité, la simulation et l’hypocrisie.

 

Le chrétien doit témoigner de la vérité évangélique dans toute son activité publique et privée, même au prix du sacrifice de sa vie, si cela est nécessaire. Le martyre est le témoignage suprême rendu à la vérité de la foi.

 

Le huitième commandement interdit : le faux témoignage et le parjure, le mensonge, dont la gravité se mesure à l’importance de la vérité déformée, aux circonstances, aux intentions du menteur et aux dommages subis pas ses victimes ; le jugement téméraire, la médisance, la diffamation, la calomnie ; la flatterie, l’adulation et la complaisance, surtout si elles ont pour but des péchés graves ou le consentement à des avantages illicites. Toute faute commise contre la vérité oblige à réparation si elle a causé du tort à autrui.

 

Le huitième commandement demande le respect de la vérité, accompagné de la discrétion de la charité : dans la communication et l’information, qui doivent évaluer le bien individuel et commun, la défense de la vie privée, le risque de scandale. Le respect des secrets professionnels doit toujours être sauvegardé, sauf cas exceptionnels, et pour des motifs graves et proportionnés.

Est aussi requis le respect des confidences faites sous le sceau du secret.

 

L’information dans les médias doit être au service du bien commun ; dans son contenu, elle doit toujours être vraie et sauvegarder la justice et la charité, être honnête et opportune, respectant scrupuleusement les lois morales, les droits légitimes et la dignité de la personne.

 

La vérité est belle en elle-même. Elle comporte la splendeur de la beauté spirituelle. Outre la parole, il existe de nombreuses formes d’expression de la vérité, en particulier les œuvres d’art. Elles sont le fruit d’un talent donné par Dieu et de l’effort de l’homme. L’Art sacré, pour être vrai et beau, doit évoquer et glorifier le mystère du Dieu révélé dans le Christ et conduire à l’adoration et à l’amour du Dieu créateur et sauveur, Beauté suréminente de Vérité et d’Amour.

 

Le 10ème commandement :

tu ne convoiteras pas le bien du prochain

 

Ce commandement demande une attitude intérieure de respect dans les rapports avec la propriété d’autrui. Il interdit l’avidité, la convoitise effrénée des biens d’autrui, l’envie, qui traduit la tristesse éprouvée devant les biens d’autrui et le désir immodéré de se les approprier.

 

Jésus demande à ses disciples de le préférer, Lui, à tout et à tous. Le détachement des richesses dans un esprit de pauvreté évangélique et l’abandon à la providence de Dieu, qui nous libère de l’inquiétude du lendemain, nous préparent à la béatitude des « pauvres en esprit, parce que le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 3).

 

Le plus grand désir de l’homme, c’est de voir Dieu. C’est le cri de tout son être : « Je veux voir Dieu ». En effet, l’homme réalise son bonheur vrai et total dans la vision et la béatitude de celui qui l’a créé par amour et qui l’attire à lui dans son amour infini.

«Celui qui voit Dieu a obtenu tous les biens que l’on peut concevoir » (saint Grégoire de Nysse).

 

Par Olivier Rolland - Publié dans : Catéchèse
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 17:12

Quatrième fiche : Les 6ème et 9ème commandements

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » - 2

 

Le 6ème commandement :

tu ne commettras pas d’adultère

 

Dieu a créé l’homme, homme et femme, avec la même dignité personnelle. Il a inscrit en chacun la vocation à l’amour et à la communion. Il revient à chacun d’accepter sa propre identité sexuelle, en en reconnaissant l’importance pour toute la personne, la spécificité et la complémentarité.

 

L’être humain est indissociablement corps et âme. Il n’a pas un corps, il est son corps. Il y a entre le corps et l’âme comme une sorte d’alliance, mais une alliance inégale, car si le corps est promis à la résurrection, l’âme spirituelle, elle, est immortelle.

 

Les désordres ou déséquilibres qui touchent l’être humain en son entier se manifestent dans le corps comme dans l’âme. Le corps peut être un mauvais maître pour l’âme et réciproquement. Il faut savoir régler leurs désirs et leurs appels. La personne humaine doit apprendre à être maître de son corps comme de son âme, car l’homme est fragile et facilement enclin à céder aux désirs non purifiés de son cœur. On pèche par le corps ou par l’âme.

 

Parler du corps de l’être humain, c’est parler bien sûr de ses cinq sens (grâce auxquels l’homme est capable de voir, d’entendre,  de goûter, de sentir et de toucher) et qui sont des fenêtres sur le monde, du respect dû à son corps (santé, équilibre, respect des rythmes biologiques, etc.), et aussi de la sexualité. Le corps est le lieu de la relation à l’autre et au monde.

 

L’équilibre humain passe par la discipline exercé sur son corps comme par l’exercice des vertus qui établissent le cœur de l’homme dans la paix.

 

La chasteté est l’intégration réussie de la sexualité dans la personne. La sexualité devient vraiment humaine quand elle est intégrée de manière juste dans la relation de personne à personne.

La chasteté est une vertu morale, un don de Dieu, une grâce, un fruit de l’Esprit. Elle comporte l’apprentissage de la maîtrise de soi, en tant qu’expression de la liberté humaine orientée vers le don de soi.

Dans ce but, une éducation intégrale et permanente est nécessaire ; elle se réalise par étapes graduelles de croissance.

 

Les moyens pour aider à vivre la chasteté sont nombreux : la grâce de Dieu, le secours des sacrements, la prière, la connaissance de soi, la pratique d’une ascèse (une certaine discipline) adaptée aux diverses situations, l’exercice des vertus morales, en particulier de la vertu de tempérance (qui règle les désirs et les actes de l’homme afin d’éviter l’excès ou le défaut), qui vise à faire en sorte que les passions soient guidées par la raison.

 

Tous les baptisés, suivant le Christ modèle de chasteté, sont appelés à mener une vie chaste, selon leur état de vie : les uns, en vivant dans la virginité ou dans le célibat consacré, manière éminente de se consacrer plus facilement à Dieu d’un cœur sans partage ; les autres, s’ils sont mariés, en pratiquant la chasteté conjugale ; s’ils ne sont pas mariés, en vivant la chasteté dans la continence (absention de toute relation sexuelle). L’exercice de la sexualité n’est donc voulu par Dieu qu’au sein d’un mariage légitime.

 

Sont des péchés gravement contraires à la chasteté, chacun selon la nature de son objet : l’adultère (relation sexuelle avec une personne engagée dans les liens du mariage), la masturbation (recherche solitaire du plaisir sexuel), la fornication (relation sexuelle en dehors du mariage), la pornographie (où sont montrés au public des images sexuelles), la prostitution (où des relations sexuelles – déjà illicites – sont objet de rémunération), le viol (où une relation sexuelle est imposée par violence), les actes homosexuels (considérés par le Lévitique comme une abomination aux yeux du Seigneur et consituent un péché qui crie vers le Ciel). Ces péchés sont l’expression du vice de la luxure. Commis sur des mineurs, de tels actes sont un attentat encore plus grave contre leur intégrité physique et morale.

 

Bien que, dans le texte biblique du Décalogue, on lise « Tu ne commettras pas d’adultère », la Tradition de l’Église suit intégralement les enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau Testament, et considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés contre la chasteté.

 

Parce qu’elles sont tenues de promouvoir le respect de la dignité de la personne, les autorités civiles doivent contribuer à créer un climat favorable à la chasteté, même en empêchant, par des lois appropriées, la diffusion de certaines des graves offenses à la chasteté précédemment évoquées, surtout en vue de protéger les mineurs et les personnes les plus fragiles.

 

Les biens de l’amour conjugal qui, pour les baptisés, est sanctifié par le sacrement de mariage sont : l’unité, la fidélité, l’indissolubilité et l’ouverture à la fécondité.

 

L’acte conjugal a une double signification : unitive (la donation réciproque des époux), et procréatrice (l’ouverture à la transmission de la vie). Nul ne doit briser le lien indissociable que Dieu a voulu entre les deux significations de l’acte conjugal, en excluant l’une ou l’autre d’entre elles.

 

La régulation des naissances, qui représente un des aspects de la paternité et de la maternité responsables, est objectivement conforme à la morale quand elle se vit entre les époux sans contrainte extérieure, ni par égoïsme, mais pour des motifs sérieux et par des méthodes conformes aux critères objectifs de moralité, à savoir par la continence périodique et le recours aux périodes infécondes.

 

Est intrinsèquement immorale toute action – comme, par exemple, la stérilisation directe ou la contraception – qui, en prévision de l’acte conjugal ou dans sa réalisation ou encore dans ses conséquences naturelles, se propose, comme but et comme moyen, d’empêcher la procréation.

 

L’insémination et la fécondation artificielle sont immorales parce qu’elles dissocient la procréation de l’acte par lequel les époux se donnent l’un à l’autre, instaurant de ce fait une domination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine. En outre, l’insémination et la fécondation hétérologues, par le recours à des techniques qui font intervenir une personne étrangère au couple, lèsent le droit de l’enfant à naître d’un père et d’une mère connus de lui et liés entre eux par le mariage et ayant le droit exclusif de ne devenir parents que l’un par l’autre.

 

L’enfant est un don de Dieu, le don le plus excellent du mariage. Il n’existe pas un droit d’avoir des enfants (l’enfant dû à tout prix). Il existe au contraire le droit pour l’enfant d’être le fruit de l’acte conjugal de ses parents ainsi que le droit d’être respecté comme personne dès le moment de sa conception.

Si le don de l’enfant ne leur a pas été fait, les époux, après avoir épuisé les recours légitimes de la médecine, peuvent marquer leur générosité par l’accueil ou par l’adoption, ou encore par l’accomplissement de services exigeants à l’égard d’autrui. Ils réalisent ainsi une précieuse fécondité spirituelle.

 

Les offenses à la dignité du mariage sont : l’adultère (relation sexuelle avec une autre personne que son conjoint légitime), le divorce (destruction du lien juridique qui unit deux époux), la polygamie (mariage avec plusieurs conjoints simultanément ou successivement) ; l’inceste (relation sexuelle entre parents à un degré qui interdit entre eux le mariage), l’union libre (cohabitation, concubinage), l’acte sexuel avant le mariage ou en dehors du mariage.

 

Le 9ème commandement :

tu ne désireras pas la femme de ton prochain

 

Le neuvième commandement requiert de vaincre la concupiscence charnelle dans les pensées et les désirs. Le combat contre la concupiscence passe par la purification du cœur et par la pratique de la vertu de tempérance.

 

Le neuvième commandement interdit de cultiver des pensées et les désirs concernant les actes défendus par le sixième commandement.

 

Avec la grâce de Dieu et en luttant contres les désirs désordonnés, le baptisé parvient à la pureté du cœur par la vertu et le don de chasteté, la pureté d’intention, la transparence du regard, extérieur et intérieur, la discipline des sentiments et de l’imagination, la prière.

 

La pureté exige la pudeur ; elle protège l’intimité de la personne, exprime la délicatesse de la chasteté, règle les regards et les gestes pour qu’ils soient conformes à la dignité des personnes et de leur union. Elle libère de l’érotisme ambiant et tient à l’écart de tout ce qui favorise la curiosité malsaine. Elle requiert encore une purification du climat social, par un combat soutenu contre la permissivité des mœurs, qui repose sur une conception erronée de la liberté humaine.

 

 

 

 

 

 

Par Olivier Rolland
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