Cinquième fiche : Les 7ème, 8ème et 10ème commandements
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » - 3
Le 7ème commandement :
tu ne voleras pas
Ce commandement concerne la destination universelle des biens, la propriété privée, le respect des personnes et de leurs biens, et le respect de l’intégrité de la création. L’Église y trouve aussi le fondement de sa doctrine sociale, qui comprend la rectitude dans l’action, que ce soit dans le domaine économique, dans la vie sociale et politique, dans le droit et le devoir du travail humain, dans la justice et la solidarité entre les nations, ou dans l’amour pour les pauvres.
Le droit à la propriété privée existe à condition que la propriété soit acquise ou reçue de manière juste et que demeure la destination universelle des biens, c’est-à-dire que, de fait, les besoins fondamentaux de tous les hommes puissent être satisfaits.
La propriété privée a pour finalité de garantir la liberté et la dignité des individus, les aidant à satisfaire les besoins fondamentaux de ceux dont ils ont la responsabilité et aussi de ceux qui vivent dans la nécessité.
Le 7ème commandement exige le respect des biens d’autrui, par la pratique de la justice et de la charité, de la tempérance et de la solidarité. Il exige en particulier : le respect des promesses et des contrats stipulés, la réparation de toute injustice commise et la restitution des biens volés ; le respect de la création, grâce à un usage prudent et modéré des ressources minérales, végétales et animales qui existent dans l’univers. En particulier, l’homme doit traiter avec bienveillance les animaux, qui sont des créatures de Dieu, en évitant à leur égard un amour excessif.
Le septième commandement interdit avant tout le vol (usurpation du bien d’autrui contre la volonté raisonnable du propriétaire), le fait de payer des salaires injustes, de spéculer sur la valeur des biens pour en tirer des avantages au détriment d’autrui, de contrefaire des chèques ou des factures. Il est interdit en outre de commettre des fraudes fiscales ou commerciales, détériorer des propriétés privées ou publiques, de pratiquer aussi l’usure, la corruption, l’abus privé des biens sociaux, les travaux mal exécutés de manière consciente, le gaspillage.
L’Église intervient en portant un jugement moral en matière économique et sociale, quand cela est exigé par les droits primordiaux de la personne, par le bien commun ou par le salut des âmes.
La vie sociale et économique doit s’exercer pour le service de l’homme dans son intégralité et pour le service de toute la communauté humaine, dans le respect de la justice sociale. Elle doit avoir l’homme comme auteur, centre et fin.
S’opposent à la doctrine sociale de l’Église les systèmes économiques et sociaux qui sacrifient les droits primordiaux des personnes ou qui font du profit leur règle exclusive et leur fin ultime. C’est pourquoi l’Église réfute les idéologies associées au cours de la période moderne au « communisme » ou aux autres formes athées et totalitaires de « socialisme ». En outre, dans la pratique du « capitalisme », elle rejette l’individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain.
Pour l’homme, le travail est un devoir et un droit, grâce auquel il coopère avec Dieu créateur. En effet, en travaillant avec soin et compétence, la personne met en œuvre des capacités inscrites dans sa nature et les talents qu’il a reçus ; elle subvient à ses besoins et à ceux de ses proches ; et elle est au service de la communauté humaine. L’accès à un travail sûr et honnête doit être ouvert à tous, sans discrimination injuste, dans le respect de la libre initiative économique et d’une rétribution équitable.
Les dirigeants d’entreprise ont une responsabilité qui les oblige à considérer le bien des personnes et pas seulement l’augmentation des profits ; ceux-ci sont cependant nécessaires pour réaliser les investissements, l’avenir des entreprises, l’emploi et la bonne marche de la vie économique.
Les travailleurs doivent s’acquitter de leur travail avec conscience, compétence et dévouement, cherchant à résoudre les conflits éventuels par le dialogue. Le recours à la grève non violente est moralement légitime quand il se présente comme un élément nécessaire en vue d’un bénéfice proportionné, tout en tenant compte du bien commun.
Les fidèles interviennent directement dans la vie politique et sociale en animant avec un esprit chrétien les réalités temporelles et en collaborant avec tous, comme authentiques témoins de l’Évangile et artisans de paix et de justice.
L’amour envers les pauvres s’inspire de l’Évangile des Béatitudes et de l’exemple de Jésus dans son attention constante envers les pauvres. Jésus a dit : « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 152 40). L’amour envers les pauvres passe par l’engagement contre la pauvreté matérielle et contre les multiples formes de pauvreté culturelle, morale et religieuse.
Le 8ème commandement :
tu ne feras pas de faux témoignage
Toute personne est appelée à la sincérité et à la véracité dans sa conduite et dans ses paroles. Chacun a l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer, ordonnant toute sa vie selon les exigences de la vérité. Jésus Christ manifeste la vérité de Dieu tout entière. Il est la Vérité. Celui qui le suit vit dans l’Esprit de vérité et fuit la duplicité, la simulation et l’hypocrisie.
Le chrétien doit témoigner de la vérité évangélique dans toute son activité publique et privée, même au prix du sacrifice de sa vie, si cela est nécessaire. Le martyre est le témoignage suprême rendu à la vérité de la foi.
Le huitième commandement interdit : le faux témoignage et le parjure, le mensonge, dont la gravité se mesure à l’importance de la vérité déformée, aux circonstances, aux intentions du menteur et aux dommages subis pas ses victimes ; le jugement téméraire, la médisance, la diffamation, la calomnie ; la flatterie, l’adulation et la complaisance, surtout si elles ont pour but des péchés graves ou le consentement à des avantages illicites. Toute faute commise contre la vérité oblige à réparation si elle a causé du tort à autrui.
Le huitième commandement demande le respect de la vérité, accompagné de la discrétion de la charité : dans la communication et l’information, qui doivent évaluer le bien individuel et commun, la défense de la vie privée, le risque de scandale. Le respect des secrets professionnels doit toujours être sauvegardé, sauf cas exceptionnels, et pour des motifs graves et proportionnés.
Est aussi requis le respect des confidences faites sous le sceau du secret.
L’information dans les médias doit être au service du bien commun ; dans son contenu, elle doit toujours être vraie et sauvegarder la justice et la charité, être honnête et opportune, respectant scrupuleusement les lois morales, les droits légitimes et la dignité de la personne.
La vérité est belle en elle-même. Elle comporte la splendeur de la beauté spirituelle. Outre la parole, il existe de nombreuses formes d’expression de la vérité, en particulier les œuvres d’art. Elles sont le fruit d’un talent donné par Dieu et de l’effort de l’homme. L’Art sacré, pour être vrai et beau, doit évoquer et glorifier le mystère du Dieu révélé dans le Christ et conduire à l’adoration et à l’amour du Dieu créateur et sauveur, Beauté suréminente de Vérité et d’Amour.
Le 10ème commandement :
tu ne convoiteras pas le bien du prochain
Ce commandement demande une attitude intérieure de respect dans les rapports avec la propriété d’autrui. Il interdit l’avidité, la convoitise effrénée des biens d’autrui, l’envie, qui traduit la tristesse éprouvée devant les biens d’autrui et le désir immodéré de se les approprier.
Jésus demande à ses disciples de le préférer, Lui, à tout et à tous. Le détachement des richesses dans un esprit de pauvreté évangélique et l’abandon à la providence de Dieu, qui nous libère de l’inquiétude du lendemain, nous préparent à la béatitude des « pauvres en esprit, parce que le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5, 3).
Le plus grand désir de l’homme, c’est de voir Dieu. C’est le cri de tout son être : « Je veux voir Dieu ». En effet, l’homme réalise son bonheur vrai et total dans la vision et la béatitude de celui qui l’a créé par amour et qui l’attire à lui dans son amour infini.
«Celui qui voit Dieu a obtenu tous les biens que l’on peut concevoir » (saint Grégoire de Nysse).
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