Les annonces de la semaine

La Consécration à Marie est proposée à ceux qui veulent

le lundi 8 décembre de cette année 2008

(année du 150ème anniversaire des apparitions de Lourdes)

Réunion d'information et de préparation

le samedi 29 novembre à 11h30

à la chapelle St Désir

Pour tout renseignement complémentaire,

contacter le père Olivier Rolland (06 63 89 66 65)

 

Actualité

Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 11:35

Remarquable présentation de Saint Grégoire de Nysse (~331-394) 

tiré de :
La création de l’homme - chapitre 29

Preuves établissant que le commencement dans l’existence est unique et le même pour l’âme et le corps

Puisque l’homme est un, dans sa composition d’âme et de corps, son être ne doit avoir qu’une seule et commune origine : autrement dit, si le corps venait d’abord et l’âme ensuite, il faudrait dire l’homme à la fois plus ancien et plus jeune que lui-même. Comme nous l’avons expliqué un peu plus haut, nous tenons que la puissance presciente de Dieu établit d’abord le genre humain en sa totalité, selon le témoignage du Prophète[1], disant que Dieu connaît toutes choses avant qu’elles viennent au monde. Quant à la créa­tion des êtres particuliers, un principe ne précède pas l’autre dans l’existence : ni l’âme ne vient avant le corps, ni l’inverse : l’homme ainsi partagé par une différence temporelle serait comme en conflit avec lui-même.

La semence et la moisson

Si, dans notre nature qui, selon l’enseignement de l’Apôtre, est double, — comprenant l’homme visible et l’homme caché, — l’un était premier et l’autre ne venait qu’ensuite, la puissance du Créateur serait convaincue d’imperfection : dans ce cas, elle ne suffirait pas à créer le tout dans son ensemble, mais elle diviserait son travail et s’occuperait une à une de chacune de ces deux parties. Dans le grain de blé ou dans n’importe quelle autre semence, sont déjà contenus en puissance tous les traits de l’épi, avec l’herbe, la paille, les fruits et les épis ; dans l’ordre suivi par la nature, aucun de ces éléments n’existe ou ne vient avant la semence, mais, selon une succes­sion naturelle, la force intérieure à la semence se manifeste peu à peu, sans qu’une autre substance ait à s’y introduire. De la même façon, pensons-nous, dès le premier moment de sa formation, la semence hu­maine contient répandue en elle la puissance de la nature.

Développement intérieur

Celle-ci se développe et se manifeste selon l’ordre fixé, jusqu’à son achèvement, sans avoir à s’ad­joindre, pour y parvenir, quoi que ce soit de l’extérieur ; d’elle-même, elle progresse régulièrement vers son état de perfection. Il est donc vrai de dire que ni l’âme n’existe avant le corps ni le corps n’existe à part de l’âme, mais pour tous les deux, il n’y a qu’une seule origine : à considérer les choses sur un plan supérieur, cette origine se fonde sur le premier vouloir de Dieu ; d’un point de vue moins élevé, elle a lieu dans les premiers moments de notre venue au monde.

Tout l’être : âme et corps dans l’embryon

Comme dans l’embryon déposé en vue de la conception du corps, on ne peut encore distinguer, avant leur formation, les articulations des membres, on ne peut pas davantage y constater les propriétés de l’âme, avant que celle-ci n’en vienne à exercer son activité. Mais comme il ne fait de doute pour personne que l’embryon ne contienne les grands traits de la différenciation en membres et en viscères, sans qu’il faille y introduire une force étrangère, puisque la force inhérente à l’embryon amène natu­rellement cette transformation par l’activité qu’elle possède, nous pouvons raisonner de même au sujet de l’âme : même si elle ne se manifeste pas au grand jour par certaines activités, elle n’en est pas moins présente dans l’embryon. En effet la configuration de l’homme à venir y est déjà en puissance, mais l’âme est encore cachée, puisqu’elle ne peut se mani­fester que selon l’ordre nécessaire. Ainsi elle est pré­sente, mais invisible ; elle ne paraîtra que grâce à l’exercice de son activité naturelle, en accompagnant le développement du corps.

Ensemble vivant

Étant donné que la force néces­saire à l’enfantement ne vient pas d’un corps mort, mais d’un corps animé et vivant, nous en tirons logiquement la con­séquence que ce qui sort d’un vivant pour être l’ori­gine de la vie ne peut être mort et sans âme : car toute chair, si elle n’a pas d’âme, est morte, la mort étant la privation d’âme. Or personne n’ira jusqu’à dire que la privation est antérieure à la possession, en voulant établir que le corps inanimé, qui n’est qu’un mort, apparaît avant l’âme.

Si vous cherchez une preuve plus claire de la vie qui est dans l’embryon du vivant en voie de forma­tion, vous pouvez examiner d’autres signes de différenciation entre l’animé et le mort. Pour constater que les hommes sont en vie, nous avons la chaleur, l’activité et le mouvement, tandis que le refroidisse­ment et l’immobilité d’un corps ne sont rien autre que sa mort. Or l’embryon dont il s’agit est source de chaleur et d’énergie : c’est la preuve qu’il n’est pas inanimé.

Développement progressif

Mais nous ne parlons pas encore, à propos de l’élément corporel de cet embryon, de chair, d’os, de cheveux et de tout ce que nous voyons en l’homme fait : chacune de ces parties n’est qu’en puissance et ne paraît pas encore au grand jour ; de même en ce qui concerne l’âme, nous disons que la « raison », 1′ « appétit », le « cœur » et tous ses attributs n’ont pas encore dans l’embryon la place qui leur revient : les activités de l’âme se développent en corrélation avec la formation et le perfectionnement du corps qui la reçoit. De même qu’un homme arrivé à maturité fait paraître au dehors l’activité de l’âme, ainsi dès sa formation, l’action que l’âme exerce est adaptée et mesurée au besoin présent et elle se traduit par ce fait que l’âme se construit pour elle-même, à travers la matière déposée dans le sein maternel, la demeure qui lui convient. Car, selon nous, il est impossible qu’elle s’ajuste à des demeures étrangères, comme il ne peut arriver qu’une empreinte faite dans une cire corresponde ensuite à un autre sceau. En effet, de même que le corps passe progressivement de la peti­tesse à sa perfection, ainsi l’activité de l’âme se développe et s’accroît en connexion avec le corps. Au temps de la première formation, comme dans une racine ca­chée en terre, seule apparaît la force d’accroissement et de nutrition. La petitesse du corps qui reçoit cette activité n’en supporte pas davantage. Ensuite, quand la plante vient à la lumière et produit un germe au soleil, fleurit la vie sensitive. Enfin, quand le corps vient à maturité et s’élève à sa taille propre, commence à briller comme un fruit la force de la raison ; mais cela ne se fait pas d’un coup : elle suit avec soin le perfectionnement de l’instrument et elle porte du fruit dans la mesure où le permet la force du corps qui la reçoit.

Si vous recherchez dans la formation du corps les activités de l’âme, étudiez-vous personnellement, comme dit Moïse, et vous lirez comme en un livre l’histoire des travaux de l’âme. Plus clairement que tout raisonnement, la nature elle-même vous raconte les occupations variées de l’âme dans le corps, lors­qu’elle dispose le tout aussi bien que les parties. Mais il est superflu d’énumérer ce qui nous concerne, comme si nous avions à raconter une merveille qui nous dépasse. Qui donc, s’il se regarde lui-même, a besoin qu’on lui apprenne sa propre nature ? S’il exa­mine sa manière de vivre, s’il apprend comment le corps est adapté à toutes les fonctions de la vie, il peut connaître à quoi travaille la partie « physique » de l’âme, lors de la première formation de notre être.

Conclusion

Aussi, de toute évidence, si vous y regardez de près, vous trouverez que l’embryon tiré d’un corps vivant et déposé dans l’atelier de la nature pour la production d’un être n’est pas mort et sans âme. Les graines et les bourgeons, nous ne les plantons pas en terre s’ils ont perdu la force vitale qu’ils tiennent de la nature ; nous ne plantons que ceux qui conservent, cachées sans doute, mais bien réelles, les propriétés du prototype. Cette force intérieure, ce n’est pas la terre environnante qui la leur donne en la leur communiquant du dehors ; la terre ne fait que mettre au jour la force intérieure du germe, en le nourrissant de ses sucs et en l’amenant à devenir racine, écorce, tronc, bourgeons. Cette transformation ne pourrait se faire, si dans le germe il n’y avait aucune force naturelle capable de tirer à soi, dans le milieu qui l’entoure, la nourriture qui lui convient, pour devenir arbuste, grand arbre, épine ou toute autre broussaille que vous voudrez[2].

 



[1] Dn XIII, 42.

[2] Sur la doctrine de la création simultanée de l’âme et du corps chez Grégoire, voir Stephanou, “La coexistence initiale du corps et de l’âme chez saint Grégoire de Nysse et saint Maxime l’homologète”, Ech. d’Or., 1932, p. 304-315.

Par Olivier Rolland - Publié dans : Actualité
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 10:48


Comité Urgence Pape – Sida

Ce que le Pape a vraiment dit

 

 


 

 

 




Le Pape et le Sida - Petit exercice pratique

Simples fidèles catholiques, nous prenons l’initiative d’agir dans l’urgence pour

faire entendre une parole de raison au coeur de la tourmente médiatique.

Puisqu’il est dit que la parole du pape est incompréhensible, voici un exercice

pédagogique et non polémique qui permet de mieux la comprendre.

 

1) Ce que l’on a uniquement retenu

ETAPE 1 : LISEZ CETTE PHRASE

 

“ (…) on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. ”

 

ETAPE 2 : LISEZ CE TEXTE

 

Benoît XVI : Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le

sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la

communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre

le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les soeurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on

ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme,

si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs :

2) Ce que le Pape a dit

au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un

double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau

spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second,

une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades,

au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui

portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement,

donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et

de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les

malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution

très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

Source : salle de presse du Saint-Siège (traduction La Croix)

 

ETAPE 3 : REPONDEZ A 2 QUESTIONS

3) Posez-vous deux questions

 

1. Recevez-vous les propos du pape exactement de la même manière après la 1ère étape et après la 2ème étape?

2. Qu’arrive-t-il lorsqu’on isole un morceau de phrase d’un propos global ?

 

ETAPE 4 : QUESTION FINALE

 

Sachant que :

- L’Eglise catholique connaît la réalité du Sida sur le terrain (25% des structures s’occupant des sidéens

sont catholiques).

- Le pape est un homme de très haut niveau intellectuel et spirituel qui connaît très bien à la fois la pâte

humaine et la question du Sida.

 

4) Question finale

Répondez à la question suivante :

Finalement, les propos du pape ne méritent-ils pas qu’on leur accorde un

minimum de considération et de réflexion ?

 


 


SIDA

LE PAPE ET L EGLISE NE SONT PAS ISOLES !





Des africains s expriment

 

 

 

 

 




BLAISE COMPAORE

President du Burkina Faso

President du Comite national de lutte contre le sida

 

 


 

 

 

 

 



L’Eglise n’est pas isolée

 

« L’Eglise n’a pas le monopole de l’abstinence ! En tant que chef de l’Etat, j’ai pris des engagements dans ce sens

depuis 2002 dans le cadre de la campagne «C’est ma vie». L’objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités.

Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l’abstinence. »

 

La position de l’Eglise est reconnue en Afrique

 

« Les Français aiment la polémique, c’est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l’Eglise en prétendant

défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n’ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un

séjour au Burkina. Chez nous, l’imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l’ambition d’affronter

le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c’est passer à côté du problème du sida. »

 

L’action de l’Eglise est reconnue en Afrique

 

« Beaucoup de gens ignorent le travail de l’Eglise en Afrique. En France, l’intelligentsia ne comprend pas cette proximité

avec les responsables catholiques. Chez nous, l’Eglise est d’abord synonyme d’écoles et de dispensaires. Le

débat sur le sida n’est pas théorique, il est pratique. L’Eglise apporte sa contribution. Si l’abstinence est un moyen de

prévention, nous n’allons pas nous en priver ! »

 

Résister aux organismes internationaux

 

« Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister. On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. [...]

Les Européens n’éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est

immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous

avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n’avons pas le temps. »

 

Décalage entre les médias et la réalité

 

« Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec

le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. »

Source : Famille Chrétienne - 12/02/2005

MGR THEODORE-ADRIEN SARR

Archeveque de Dakar

 

 

 

 


 

 

L’Eglise contribue à la prévention du Sida

 

« Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir. Dans des pays comme

les nôtres, l’abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues. Avec leur promotion, nous contribuons

à la prévention contre le sida. »

 

MGR SLATTERY

Eveque en Afrique du Sud

 

 

 

 

 

 


Encourager la fidélité dans le mariage

 

« L’Ouganda a été le premier pays à combattre résolument l’épidémie du SIDA au début des années 90. La position

forte et claire du président Museveni a constitué l’élément décisif qui a ralenti la diffusion du SIDA, faisant passer le

taux de personnes affectées de plus de 25% à 6% en 2002. Il a prêché le bon sens et non le préservatif, encourageant

l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, comme des valeurs culturelles. »

 

Pour soutenir le Comité Urgence Pape - Sida : urgence-pape@live.fr

Par Olivier Rolland - Publié dans : Actualité
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 10:10

 

A propos de l'avortement de la fillette brésilienne et de l'excommunication par l'archevêque de Recife :

Communiqué de Mgr Rey, évêque de Toulon.

"Voici le contexte de l'affaire... c'est un peu différent de ce que les médias en ont fait! De retour du Brésil où j’accompagnais une délégation d’évêques et de prêtres, j’ai été tenu directement au courant de l’affaire de la petite fille brésilienne de 9 ans qui a été violée, puis a subi un avortement. Elle attendait deux jumeaux. La presse internationale s’est emparée de cette affaire dans un contexte politique particulièrement polémique. En effet, actuellement, au Brésil sont débattues des dispositions législatives tendant à élargir le droit à l’avortement. Certains lobbies se sont saisis d’une tragédie particulière pour justifier l’extension des conditions légales de l’interruption volontaire de grossesse. La manière dont cette affaire a été souvent rapportée et traitée travestit l’objectivité des faits, et instrumentalise un drame particulier.

L’impératif de la Charité à laquelle nous appelle l’Evangile a deux versants. En premier lieu, la Charité est attachée au principe de la Vérité. Aimer quelqu’un c’est refuser de lui mentir. En ce qui concerne l’avortement, l’Eglise répète depuis toujours qu’il constitue une offense à la vie même s’il est légalisé par la loi et promu par certains courants d’opinion publique. Depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, toute vie est sacrée. Elle mérite d’être respectée d’autant plus qu’elle est fragile. Une humanité qui nie ce respect inaltérable de la vie court à sa propre perte. L’Eglise a toujours revendiqué le principe non négociable du respect de la vie de l’enfant à naître. Qui sommes-nous pour décréter qu’un être, fût-il au stade embryonnaire de son développement, mérite d’être éliminé ? Par rapport à toutes les formes de violence et d’atrocité (viol, meurtre...), l’avortement touche le principe même de la vie dans son commencement. Il nie l’origine : « L’avortement est ce qui détruit le plus la paix du monde aujourd’hui » (Mère Teresa).

Mais la Charité s’accomplit toujours dans la Miséricorde. C’est là son deuxième volet. Comme l’enseigne le Christ, tout légalisme enferme dans la peur. Tout au long de Son ministère public Jésus a fait grâce à ceux qui s’écartaient des commandements de Dieu ou qui étaient des blessés de la vie. Une vérité qui oublie la miséricorde est une vérité sans cœur.

Dans cette très-douloureuse affaire de cette petite fille brésilienne nous avons pu recevoir de multiples témoignages de cette Miséricorde vécue par les communautés chrétiennes qui l’ont entourée et accompagnée face à la pression de certains lobbies qui s’exerçait sur elle et sur sa mère. Le Père Rodrigues, curé de leur paroisse, s’est dépensé sans compter pour cette famille en mobilisant toutes ses ressources pour la soutenir dans l’épreuve. Il dénonce « la manipulation de conscience et le manque de respect pour la vie humaine » dont toute la famille a été l’objet (cf. le texte ci-dessous).

Cette tragédie nous place sur la ligne de crête de la Charité. Celle-ci doit rappeler à temps et à contretemps le respect dû à la vie, et d’autre part manifester notre compassion vis-à-vis des plus faibles et des plus fragiles comme cette petite fille victime des pulsions criminelles de son beau-père violeur.

Après les premières déclarations de l’archevêque de Recife, la conférence des évêques du Brésil a précisé que la petite fille et sa mère n’ont fait l’objet d’aucune excommunication. Au-delà des réactions médiatiques qui surfent sur l’émotionnel, le drame qu’ont vécu cette petite fille et toute sa famille invite la communauté internationale qui s’est saisie de cette affaire, mais aussi chacun d’entre nous, à gravir ensemble les deux versants de la Charité.
« Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent », chante le psalmiste. Aimer c’est rappeler la vérité de ce qu’est la vie, et œuvrer de toutes ses forces pour la rendre possible.

Toulon, le 15 mars 2009
+ Dominique Rey
Evêque de Fréjus-Toulon



Témoignage du Père Rodrigues, curé de Alagoinha, ville où habitent cette enfant

« Ce que la presse ne dit pas »

10 mars 2009

Notre ville a été secouée par une nouvelle tragique : une enfant de neuf ans victime des abus sexuels de son beau père était enceinte de jumeaux. Sa sœur aînée, âgée de 13 ans, avait subi les mêmes sévices. Cette horrible histoire durait depuis près de trois ans.

Quand le conseil de Alagoinha a découvert les faits, il a tenté de tout mettre en œuvre pour aider les enfants et les parents. Le 27 février, la justice a confié les enfants à l’institut médical légal de Caruaru, dans l’Etat de Pernambuco. D’autres examens complémentaires ont été réalisés (avec des sexologues, des psychologues) ensuite à l’institut médical de l’enfance de Recife. C’est à cet endroit que la victime a rencontré une assistante sociale du nom de Karolina Rodrigues et son assistante Marie-José Gomes. Cette dernière a refusé l’hypothèse de l’avortement au nom de sa conscience chrétienne. Karolina Rodrigues a décidé de porter ce cas devant le conseil de Alagoinha. Les cinq conseillers de la ville ont refusé pour les mêmes motifs. Ils ont transmis leur avis à l’institut médical de Caruaru. Une copie a été donnée à Karolina Rodrigues en ma présence et celle du père de la victime, monsieur Erivaldo.

Le 28 février, je suis invité à participer au conseil de l’institut médical de l’enfance de Recife en compagnie de Marie-José Gomes et de deux membres de notre paroisse. Nous en profitons pour aller visiter la victime et sa mère. Elles se trouvent au quatrième étage de l’établissement, dans un appartement isolé. L’accès est très strict. Je suis obligé de rester dans le couloir mais j’arrive à parler avec la mère de la petite. Elle m’avoue ‘avoir signé des papiers’. Je m’inquiète car cette femme est analphabète. Comme elle est incapable d’apposer sa signature, on a pris ses empreintes digitales. Je lui demande ce qu’elle pense à propos de l’avortement. Elle montre des sentiments très maternels et surtout une préoccupation extrême pour sa fille. Elle répond : ‘je ne veux pas que ma fille avorte… » La maman me parle de son état de santé : ‘ça va bien, elle joue avec des poupées qu’on vient de lui donner.’ Nous repartons avec la ferme conviction que la mère est totalement défavorable à l’avortement de ses petits fils. ‘Personne n’a le droit de tuer personne’ ajoute-t-elle. ‘Seul Dieu peut disposer de la vie…’

Le 2 mars, nous retournons à l’institut de Recife. Nous sommes autorisés à monter au 4e étage pour visiter la victime. Mais, arrivés au premier étage, un fonctionnaire de l’institut nous interdit de monter plus haut. Il nous demande de voir l’assistante sociale dans un autre bâtiment. Nous tombons nez à nez avec Karolina Rodrigues. Je suis en compagnie de Marie José Gomes et de monsieur Erivaldo qui s’oppose à ‘l’avortement de ses petits fils’. Quand l’assistante découvre mon identité, elle dit devant tout le monde : ‘il s’agit d’une affaire médicale même si le prêtre qui est là estime qu’il s’agit d’une question de morale.’ Nous interrogeons Karolina Rodrigues sur l’état de santé de l’enfant. Elle affirme que tout est déjà résolu avec l’accord de la maman. La procédure médicale va suivre son cours. Elle insiste sur son état critique sans fournir aucun élément de la part d’un médecin. Elle se retranche aussi derrière la loi : ‘dans ce cas, le mieux est de sauver la vie de l’enfant’. Nous répondons : ‘il n’y a pas une seule vie à sauver mais trois !’ Elle ne veut rien entendre. Karolina Rodrigues demande à Monsieur Erivaldo de lui parler seul à seul. Pendant près de 25 minutes. En sortant, ce dernier me révèle qu’il vient de changer d’avis à propos de l’avortement : ‘l’assistante m’a prévenu que ma fille était menacée de mort... Si elle est en danger, il faut la sauver… Quitte à lui retirer les fœtus’ a-t-il murmuré.

Tout paraissait alors terminé. C’est alors que l’archevêque de Recife, dom José Cardoso, et l’évêque de Pesqueira, dom Franceso Biasin, se sont impliqués dans la procédure. Mgr Cardoso a convoqué un groupe de médecins, d’avocats, de psychologues, de juristes pour étudier la légalité de cette affaire. Lors de cette réunion, le 3 mars, à la résidence de l’archevêque, il y avait le directeur de l’institut médical de l’enfance de Recife, Antonio Figueiras. Il a reconnu en public les pressions exercées par Katerina Rodrigues. Il a contacté l’hôpital pour suspendre l’avortement.

Un peu plus tard, l’archevêque de Recife reçoit un appel de monsieur Figueiras l’informant qu’un groupe féministe – Curumin – aurait convaincu la maman d’accepter un transfert de sa fille vers un autre hôpital. Nous retournons sur place avec Maria Gomes. On l’a fait attendre en prétextant la rotation des équipes (l’enfant était déjà transférée). Personne n’ose lui dire quelque chose. Comment une personne en péril de mort peut-elle obtenir un bon de sortie ? Comment l’état de la victime a-t-il pu changer si rapidement ? Qu’est-ce que le Curumin a pu dire à la mère ?

Le 4 mars, nous apprenons que l’enfant est internée à l’hôpital de CISAM (centre intégral de santé Amaury de Medeiros spécialisé dans les grossesses à risques). Cela se trouve au nord de Recife. Notre espoir de voir deux enfants vivants disparaît brutalement. Tout cela à cause d’une manipulation de conscience et d’un manque de respect pour la vie humaine. J’ai raconté tout cela pour que les gens sachent la vérité. »

 

 

Par Olivier Rolland - Publié dans : Actualité
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 09:36

Les droits de l’homme sont menacés par l’ONU, selon Mgr Schooyans

Mise en garde contre une modification de la Déclaration de 1948 qui la dénaturerait

ROME, Dimanche 18 janvier 2009 (ZENIT.org) - Soixante ans après la signature de la Déclaration universelle des droits de l'homme (10 décembre 2008), la plus grave menace contre le document et les principes qui y sont proclamés vient de l'organisation même qui est à l'origine du texte : l'ONU. 

C'est en substance ce qu'affirme Mgr Michel Schooyans, spécialiste de philosophie politique et de démographie dans un entretien à ZENIT. 

Mgr Schooyans est membre de l'Académie pontificale pour la vie, de l'Académie pontificale des sciences sociales et professeur émérite à l'université catholique de Louvain (Belgique).

Nous publions ci-dessous cet entretien.

Zenit - Pouvez-vous nous parler de la genèse de la Déclaration de 1948 ? 

Mgr M. Schooyans - L'ONU a été fondée en 1945 avec la Charte de San Francisco et, d'une certaine façon, consolidée en 1948 par la Déclaration universelle des droits de l'homme. Elle a été consolidée sur la base d'une mission essentielle qui lui a été confiée, celle de promouvoir les droits de tout être humain. Tout individu a droit à la vie, proclame l'article trois de la Déclaration. Le texte invite tous les hommes, pays, gouvernants, à reconnaître la dignité de chaque personne humaine, sans considération de sa puissance, la couleur de sa peau, sa religion, son âge. Tous, par le simple fait d'être des hommes, nous méritons d'être reconnus. C'est sur cette base, affirme la Déclaration, que nous pourrons édifier de nouvelles relations internationales, une société de paix et de fraternité. 

S'il y a eu une guerre mondiale qui s'est terminée en 1945, c'est parce qu'il y avait une méconnaissance de la réalité de ces êtres humains qui, tous, naissent avec des droits inaliénables et impérissables. La Déclaration se situe dans la continuité de toutes les grandes déclarations qui ont jalonné l'histoire politique et juridique des nations occidentales. Par exemple, les déclarations classiques que sont la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis (1776), la Constitution des Etats-Unis (1787), la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de la France (1789). La Déclaration de 1948 se situe dans la tradition la plus fidèle de ces Déclarations qui ont prouvé leur efficacité en matière de reconnaissance et de promotion des droits de l'homme. Ces droits sont reconnus en vertu d'une attitude morale et anthropologique. Je reconnais la réalité de mon semblable. Je m'incline en sa présence. Je reconnais sa dignité. Qu'il soit malade, qu'il soit en début ou en fin de vie, il possède une dignité égale à la mienne. 

Zenit - Quel type de document est la Déclaration de 1948 ? 

Mgr M. Schooyans - La Déclaration n'est pas un document juridique au sens technique du terme. Le document énonce les droits fondamentaux. Mais pour que ces droits fondamentaux soient mis en application, ils ont besoin d'une traduction dans des textes de loi. Ils ont besoin d'être codifiés. Ils doivent être prolongés dans des instruments juridiques appropriés, dans ce que l'on appelle le droit positif. Ce qui signifie que les droits proclamés en 1948 doivent trouver leur expression dans des lois qui seront appliquées par les gouvernements des nations et contrôlées par le pouvoir judiciaire. Il y a donc deux choses: d'abord, la reconnaissance de la réalité d'êtres humains qui ont la même dignité et les mêmes droits fondamentaux et, de l'autre, des instruments juridiques qui confèrent une forme concrète, exigible, à ces droits reconnus comme fondamentaux. 

S'agissant de la Déclaration de 1948, il faut bien comprendre que les mêmes droits fondamentaux peuvent donner lieu à des codifications différentes selon les différentes traditions juridiques des pays. Les nations peuvent traduire diversement le même respect qu'elles ont des droits fondamentaux de l'homme. 

Ce que nous venons d'évoquer est ce que l'on appelle la tradition réaliste. Cette tradition s'incline face à la réalité d'êtres concrets: vous, moi et l'universalité des êtres humains. Cette même tradition commande tout l'édifice des nations démocratiques, pas seulement l'édifice juridique, mais aussi l'édifice politique qui se fondait aussi sur la reconnaissance que tous les hommes sont égaux en dignité. Voici qu'à l'heure actuelle, la Déclaration de 1948, qui s'inspire de façon nette et explicite de la tradition réaliste, et qui a été rédigée avec la collaboration d'un des Brésiliens les plus illustres de l'histoire, Alceu Amoroso de Lima, est contestée. 

Zenit - Quel type de contestation ? 

Mgr M. Schooyans - Une contestation qui vient de l'influence de la théorie positive du droit, élaborée principalement par un auteur du nom de Kelsen (1881-1973). Sous l'influence de Kelsen s'est propagée une nouvelle conception du droit et, donc, des droits de l'homme. Tout ce qu'on a pu expliquer concernant les droits innés de l'homme qui, parce qu'il est homme, a des droits inhérents à sa nature, est contesté. Tout cela est nié, mis entre parenthèses, bafoué, oublié. Seules subsistent les normes juridiques, seul subsiste le droit positif, à l'exclusion de toute référence aux droits qui sont inhérents à la nature de l'homme. Dans ce contexte, seules les décisions juridiques méritent étude et respect. A présent, ces ordres juridiques, ces dispositions établies dans les codes, peuvent changer au gré des intérêts de celui qui a pouvoir de les définir. Ils sont le pur produit de celui qui détient le pouvoir, de celui qui réussit à imposer sa vision de la nature de tel ou tel droit humain. Il saute aux yeux que la vision purement positiviste des droits de l'homme dépend pour finir du libre-arbitre de celui qui peut faire prévaloir sa propre conception des droits de l'homme, puisqu'il n'existe plus aucune référence à la vérité, à la réalité de l'homme. 

Zenit - Quelles sont les conséquences ? 

Mgr M. Schooyans - Elles sont tragiques. Le positivisme juridique a ouvert et ouvre la voie à toutes les formes de dictature. Comme Kelsen lui-même le constatait, il régnait dans l'Union soviétique de Staline un Etat de droit, car il y avait des lois. C'était un dictateur, mais il faisait la loi. Mais quelle loi ? La loi qui était l'expression de sa volonté, de sa brutalité. Sans aucune référence à des droits qui seraient naturels, qui seraient l'objet d'une vérité à laquelle tout le monde adhère, une vérité fulgurante qui s'impose. La loi du temps de Staline était l'expression de la volonté du plus fort. Aujourd'hui, la loi qui autorise l'avortement, qui autorise l'euthanasie, n'est pas autre chose. C'est une loi qui permet le triomphe du plus fort, qui déclare: puisque telle est ma volonté, nous décidons qui a le droit à l'existence et qui ne l'a pas.  

Cette mentalité s'est infiltrée dans certaines des agences de l'ONU. Et l'ONU se comporte aujourd'hui comme une super-puissance mondiale, transnationale, dans la droite ligne de Kelsen. Cette dernière déclare que les lois nationales, celles que nous connaissons dans nos codes nationaux, doivent être soumises à l'approbation, la validation, d'un centre de pouvoir pyramidal. La validité des lois nationales dépend de la validité consentie, concédée par le pouvoir supranational aux codes nationaux, particuliers. Ce qui signifie que les nations sont totalement dessaisies de leur souveraineté et les êtres humains de leur autonomie. On assiste à tout cela quotidiennement, dans les débats parlementaires. Bon nombre de parlements en sont réduits à n'être que des théâtres de marionnettes qui appliquent les décisions venant de l'extérieur, exécutent la volonté de celui qui impose ses décisions, en achetant s'il le faut leurs votes, en recourant à la corruption. 

C'est ce qui se passe sous le simulacre de la mondialisation, qui mérite toute notre vigilance. En effet, dans l'esprit de ceux qui adhèrent à cette conception purement positiviste du droit, la loi n'est pas au service des hommes ni de la communauté humaine; elle est seulement au service de tel ou tel centre de pouvoir. Ce peut être une nation comme les Etats-Unis, mais ce peut être surtout l'alliance des volontés qui complotent aux Nations unies, avec l'appui de nombreuses ONG, et aussi de quelques sociétés secrètes, comme la franc-maçonnerie. Ce qui montre que le droit international a tendance aujourd'hui à prévaloir sur les droits nationaux, à les écraser, car ceux-ci sont peu à peu désactivés. C'est terrible! Nous sommes entrain d'assister à l'émergence d'un droit international tyrannique parce que purement positiviste, ignorant les droits humains inaliénables proclamés en 1948. Et cela n'est pas perçu... 

Zenit - Un nouveau type de totalitarisme? 

Mgr M. Schooyans - Oui, parce que désormais la souveraineté des nations n'est plus qu'une simple façade. Kelsen l'explique très bien: le droit international, qui dicte sa loi aux nations, doit être lui-même validé, approuvé, par le sommet de la pyramide, par l'instance suprême. Prenons un exemple: au moment même où nous parlons, il y a un débat au siège des Nations unies sur l'introduction ou non de l'avortement en tant que « nouveau droit de l'homme ». Ce serait une nouvelle version de la Déclaration de 1948. Une modification catastrophique, car elle introduirait subrepticement un principe purement positif dans une déclaration qui est anthropologique et morale. Là se placerait également le droit à l'euthanasie. Il ne resterait plus à chaque nation qu'à ratifier ces « nouveaux droits humains » émanant de l'instance suprême. Ce qui signifie que, comme la référence aux droits naturels de l'homme aura été désactivée, cette nouvelle Déclaration se transformerait en un document juridique purement positif, qui serait appliqué par toutes les nations adhérant au nouveau texte de la Déclaration ou à tout autre document similaire. 

C'est déjà quasiment fait, et tout simplement effrayant. Et cela va plus loin. La Cour pénale internationale, qui a été instituée il y a quelques années, va avoir comme domaine de compétence de juger les nations ou organismes qui refuseraient de reconnaître ces « nouveaux droits » inventés ou à inventer. L'Eglise catholique est l'une des cibles possibles de cette Cour internationale. Il s'en est déjà trouvé il y a quelques années pour dire que le pape Jean-Paul II pourrait être sommé de comparaître devant le Tribunal international pour s'être opposé à un « nouveau droit », ou un « droit » de la femme à l'avortement. Une même menace plane sur Benoît XVI. Et c'est pareil dans le domaine de l'éducation avec l'idéologie du genre (gender). En vertu d'un « nouveau droit de l'homme », les personnes pourraient choisir leur genre, pourraient changer de genre. Le genre doit alors être enseigné dans les écoles. C'est l'endoctrinement idéologique à grande échelle, au point que celui qui ne souscrirait pas à cette idéologie serait pénalisé par une Cour internationale. 

Zenit - Il y a donc un débat sur une modification du texte de la Déclaration ? 

Mgr M. Schooyans - La Déclaration de 1948 énonce des principes fondamentaux. Il s'agit de vérités premières, fondatrices. Nous reconnaissons ce fait, que tous les êtres humains naissent avec le droit à la vie, à la liberté, à la propriété, à se marier, à s'associer, à s'exprimer librement, et que tout cela ne découle pas de la volonté arbitraire des hommes. Avant même d'entrer dans une société politique, organisée, l'homme possède déjà des droits humains fondamentaux. Et les droits précèdent la loi. Mais l'homme a besoin que la société s'organise pour que ces droits soient appliqués, respectés et que les infractions soient éventuellement sanctionnées. Tout cela est actuellement entrain d'être remis en question. Des campagnes de signatures circulent. Il y a des pétitions en faveur de l'avortement, d'autres contre. Mais ceux qui crient le plus fort sont les partisans de l'introduction d'une modification de la Déclaration de 1948 qui dénaturerait la Déclaration, comme d'ailleurs l'ONU elle-même. 

Zenit - Est-ce le fruit uniquement de la manipulation du pouvoir ou également d'un « obscurcissement des consciences », pour reprendre une expression de Benoît XVI? 

Mgr M. Schooyans - Benoît XVI a des raisons on ne peut plus solides pour insister sur le rôle et la noblesse de la raison. Tout ce dont nous venons de débattre sont des problèmes d'anthropologie et de morale naturelle. Remarquez que la défense de l'être humain ne constitue pas un privilège de l'Eglise; elle fait partie du patrimoine des grandes traditions morales de l'humanité. La nécessité de défendre l'homme, de reconnaître sa dignité, est quelque chose d'accessible à tout le monde moyennant un bon usage de la raison. Malheureusement, nous assistons à une sorte de perversion de la raison même. On se sert de la raison pour la prendre à ses propres pièges. L'homme est capable d'être manipulé; il est capable d'être dominé. En portugais, il y a une très jolie expression pour le dire, utilisée semble-t-il dans le candomblé : on peut « fazer a cabeça de alguém », embobiner quelqu'un, lui laver le cerveau. C'est exactement cela. La raison d'un individu ou d'un peuple peut être déconnectée. C'est alors que vous pouvez lui bourrer le crâne avec des idées complètement loufoques et folles. C'est le cas de l'avortement et de l'euthanasie. 

En Belgique, l'avortement était criminalisé par la loi de 1867. Ceux qui ont demandé d'adopter cette loi n'étaient pas les catholiques, mais bien les libéraux qui, à l'époque, étaient de tendance plutôt maçonnique, encore aujourd'hui d'ailleurs. Ce sont eux qui ont fait cette loi. Les catholiques ont approuvé, mais l'initiative est venue des libéraux, alors majoritaires. Cela signifie que la raison fonctionnait. Leur raison avait découvert qu'il était évident que l'être humain devait être protégé avant sa naissance. C'est une question de raison. Les temps ont changé. On peut altérer la capacité de raisonnement. Nous assistons aujourd'hui à diverses manœuvres qui vont dans ce sens. En témoignent les cas de l'avortement, de l'euthanasie, du genre. Il y a le problème de l'homosexualité: il y a encore 30 ans, qui aurait pensé à promouvoir un « nouveau droit » à l'homosexualité? La raison humaine est capable de génie, mais c'est aussi une faculté délicate, vulnérable, fragile, une faculté qui peut être démobilisée, hibernée. La pire forme d'esclavage est l'esclavage mental, l'esclavage de la raison, qui comporte un « bonus » (en prime): le naufrage de la foi, car il n'y a pas d'acte de foi qui ne soit fondé sur la raison. Alors si vous entrez dans cette confusion mentale de déclarer que l'avortement est un droit, l'euthanasie est un droit, vous entrez dans un processus qui finit par corrompre non seulement votre raison, mais aussi votre foi. 

Propos recueillis en portugais par Alexandre Ribeiro

Traduit du portugais par E. de Lavigne

Par Olivier Rolland - Publié dans : Actualité
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